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Voyages aériens par James Glaisher, Camille Flammarion, Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier : ouvrage contenant 117 gravures ... d'après les croquis d'Albert Tissandier / par Eugène Cicéri et Adrian Marie ...
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VOYAGES AÉRIENS.

quil ne senvolât dans son domaine. Lescorte dhonneur quenous lui avions donnée navait eu aucune peine à le retenir, carlair était resté absolument calme, et laérostat gardait une com-plète immobilité.

Lorsquon leut délivré du poids qui le retenait au sol vulgaire,il monta lentement dans le ciel pur. Mon pilote, assis devant moi,versait avec précaution le lest sacré, tenant son regard interroga-teur fixé sur le baromètre. Et moi, confiant dans son soin et dansla sûreté de laérostat, je mabandonnai librement à deux sortesde bonheurs : la contemplation et létude.

Cest une sensation plus douce et plus profonde encore que lesprécédentes que celle de voyager silencieusement dans lespacependant une belle nuit dété. En regardant la terre, en sondantlespace inférieur, je néprouvai plus ce sentiment disolement quimavait âprement impressionné lorsque, en plein soleil, à 3000mètres au-dessus du sol, je comparais la hauteur et lexiguïté dema sphère de gaz à la grandeur de limmense plaine étendue au-dessous de moi., je me sentais moins vivant. Ici, au contraire,seuls êtres animés, nous vivions et nous pendions au-dessus dusommeil de tous.

Notre ascension eut lieu à 1 h. 25 m. du matin, lorsque tous lesinstruments eurent été enregistrés ; c était exactement lheure dupassage de la lune au méridien. A 2 h., nous étions parvenus à1440 mètres de hauteur. Le baromètre avait baissé de 753,7 à631,2, le thermomètre de 10 degrés à 5, lhygromètre de 97 de-grés à 84, après avoir passé par un minimum dhumidité (79) à800 mètres de hauteur. La variation de lhumidité des couchesdair nest donc pas la même pendant la nuit que pendant le jour.

Le fait qui me frappa le plus dans ce voyage est celui de la vi-tesse du vent et du déplacement de lair selon laltitude. Tandisqne, en général, les vents de terre sont pendant le jour plus in-tenses que les courants supérieurs, ce sont, au contraire, les ventssupérieurs qui sont les plus forts pendant la nuit. Je ne veux pasencore ériger ce caractère en règle générale, car mon expériencenest pas assez longue pour l'affirmer dès aujourdhui.

A terre, lair était dun calme absolu. A peine arrivés à 100 mè-tres délévation, nous fumes emportés avec une vitesse déjà très-sensible, croissant en raison de notre ascension. Cette vitesse futen moyenne de 10 mètres 40 par seconde pendant la premièreheure, et de 11 mètres 95 pendant la deuxième. Notre traverséede nuit nest pas tout à fait dans la même direction que celle du