Buch 
Voyages aériens par James Glaisher, Camille Flammarion, Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier : ouvrage contenant 117 gravures ... d'après les croquis d'Albert Tissandier / par Eugène Cicéri et Adrian Marie ...
Entstehung
Seite
215
JPEG-Download
 

OBSERVATIONS PENDANT LA NUIT.

215

soir. Je remarque quil arrive fort souvent que les lignes aérosta-hques, et par conséquent les grands courants, sinclinent en courbepour se relever dans la direction de louest et du nord-ouest.

En me voyant porté par les vents du ciel au-dessus de la terreendormie, je ne puis mempêcher de penser que sans doute cetteloi de la circulation atmosphérique est lune des causes de l'en-tretien de la vie et de la jeunesse de la nature. Pendant le jour,1 air sillonne la surface de la terre, tempérant les ardeurs de lavie, mêlant la chaleur solaire et les parfums des plantes à la res-piration des êtres animés, répandant sur chacun labondance et larénovation. Pendant la nuit, les fils de la terre sendorment surle sein de la nature; nul trouble ne vient inquiéter leur repos, etles sensitives sommeillent en paix, comme les oiseaux des bois.Mais en même temps une immense circulation saccomplit au-dessus de la sphère du sommeil, et les vents supérieurs envelop-pant la terre rétablissent partout léquilibre des principes et deslonctions, jusquà lheure le soleil, apparaissant à lorient, vien-dra rappeler tous les êtres à laction en répandant des flots de lu-mière et délectricité à la surface du monde.

Au solstice dété, laurore et Je crépuscule se touchent de bienprès. À peine avions-nous quitté le sol, à une heure et demie dumatin, que nous aperçûmes très-distinctement laurore au nord-Qord-est. Sa blanche clarté se dessinait correctement sous la formed une zone horizontale assez mince, nettement terminée à environ15 degrés au-dessus de notre horizon. Je nai jamais admiré unelumière aussi douce en même temps quaussi pure. Cétaient eneffet les hauteurs de latmosphère éclairées par le soleil qui planaitMors au-dessus de locéan Pacifique . Cette clarté vraiment célesteét ait dune pureté si exquise, que le ciel étoilé, quelque transpa-rut quil fût lui-même, paraissait couvert dun gris de plomb. Amesure que jexaminais cette clarté, le ciel me paraissait de pluse u plus couvert, et il me paraissait singulier de voir les étoilesbriller.

On peut sétonner que malgré la lumière de la lune jaie aperçu1 aurore dès une heure et demie du matin. Jai voulu faire lexpé-rience à la nouvelle lune. "Or, le 30 juin, par un ciel extrêmementpur, jai suivi la faible lueur du crépuscule de 11 heures à 1 heuredu matin, et jai constaté quelle a progressivement passé du nord-nord-ouest au nord et au nord-nord-est sans disparaître entière-ment. A cette date, le soleil ne descend pas à plus de 18° au-dessusde lhorizon.