OBSERVATIONS PENDANT LA NUIT.
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soir. Je remarque qu’il arrive fort souvent que les lignes aérosta-hques, et par conséquent les grands courants, s’inclinent en courbepour se relever dans la direction de l’ouest et du nord-ouest.
En me voyant porté par les vents du ciel au-dessus de la terreendormie, je ne puis m’empêcher de penser que sans doute cetteloi de la circulation atmosphérique est l’une des causes de l'en-tretien de la vie et de la jeunesse de la nature. Pendant le jour,1 air sillonne la surface de la terre, tempérant les ardeurs de lavie, mêlant la chaleur solaire et les parfums des plantes à la res-piration des êtres animés, répandant sur chacun l’abondance et larénovation. Pendant la nuit, les fils de la terre s’endorment surle sein de la nature; nul trouble ne vient inquiéter leur repos, etles sensitives sommeillent en paix, comme les oiseaux des bois.Mais en même temps une immense circulation s’accomplit au-dessus de la sphère du sommeil, et les vents supérieurs envelop-pant la terre rétablissent partout l’équilibre des principes et deslonctions, jusqu’à l’heure où le soleil, apparaissant à l’orient, vien-dra rappeler tous les êtres à l’action en répandant des flots de lu-mière et d’électricité à la surface du monde.
Au solstice d’été, l’aurore et Je crépuscule se touchent de bienprès. À peine avions-nous quitté le sol, à une heure et demie dumatin, que nous aperçûmes très-distinctement l’aurore au nord-Qord-est. Sa blanche clarté se dessinait correctement sous la formed une zone horizontale assez mince, nettement terminée à environ15 degrés au-dessus de notre horizon. Je n’ai jamais admiré unelumière aussi douce en même temps qu’aussi pure. C’étaient eneffet les hauteurs de l’atmosphère éclairées par le soleil qui planaitMors au-dessus de l’océan Pacifique . Cette clarté vraiment célesteét ait d’une pureté si exquise, que le ciel étoilé, quelque transpa-rut qu’il fût lui-même, paraissait couvert d’un gris de plomb. Amesure que j’examinais cette clarté, le ciel me paraissait de pluse u plus couvert, et il me paraissait singulier de voir les étoilesbriller.
On peut s’étonner que malgré la lumière de la lune j’aie aperçu1 aurore dès une heure et demie du matin. J’ai voulu faire l’expé-rience à la nouvelle lune. "Or, le 30 juin, par un ciel extrêmementpur, j’ai suivi la faible lueur du crépuscule de 11 heures à 1 heuredu matin, et j’ai constaté qu’elle a progressivement passé du nord-nord-ouest au nord et au nord-nord-est sans disparaître entière-ment. A cette date, le soleil ne descend pas à plus de 18° au-dessusde l’horizon.