EXPERIMENTALE.
NOTES sur la Troisième Leçon.
l. [ Art. 1 — Les Machines simples ou Instruments , que quelques-uns nomment Méchaniques ou Puissances Méchaniques.]
L E mot Puissance doit être pris ici dans un sens diffèrent de celui qu’on lui adonne' dans la seconde Leçon, où le mot Puissance ( L. 2 . n°. 19 ) ligni-fiant 'íout ce qui sert à élever un poids , est défini en général ; car ici il nefignifie que l’outil ou l’instrument, qui fait qu’une puillànce d’une intensitéconnue agit fur un poids ; Sc par conséquent nous devons prendre garde den’attribuer aucune force réelle à aucune machine simple ou composée, commeplusieurs le font uniquement parce qu’on a donné le nom de PuijJ'ance auxinstruments méchaniques ; quoique ce ne loit pas à raison de leur effet, maisà cause de l’effet que la puissance produit par leur moyen. Car de quelquemaniéré que la force de la pnissànce soit augmentée par les instruments poursoutenir ou pour élever un poids qui lui est de beaucoup supérieur en inten-sité ; on ne peut pas cependant y parvenir fans perdre en espace & en temsce que l’on gagne en force ; ce qui est bien opposé à ce que quelques-uns ontVainement imaginé ; parce que le vulgaire parle ordinairement d’une machinecomme lì c’étoit un animal, Sc attribue à la machine l’estet qui ne vient quede la puistànce qui le produit par le moyen de la machine ; delà vient qu’on ditordinairement, cette machine élevé une telle quantité d’eau , ou fait un tel & untel ouvrage ; au lieu qu’on devroit dire, st l’on vouloir parler exactement Scphilosophiquement, ce courant d’eau , cette chute d’eau , le vent , ou un telnombre d!hommes , de chez’aux ou de bœufs , Sec. élèvent une telle quantité d’eaudans un tel tems , &cc. par une telle ou telle machine , comme nous l’avons observédans la Note 6. fur la derniere Leçon. 11 seroit donc à souhaiter que le motPuijjance sut borné à son sens propre, Se qu’on ne s’en servît pas pour exprimerdes instruments méchaniques ; mais comme on est en usage de le prendre dansÇe sens, je crois qu’il est à propos de suivre cet usage avec la précaution que-je viens de donner.
Notes surla III. Leçon.L/-Y"v'
2. [-z. Réduisant toutes les puissances méchaniques au lévier , ou cxplU
quant toutes leurs opérations par celle du lévier > Sec. ] Quoiqu’on puilïè fairev oir aisément (comme nous le ferons à la fin de cette Note) que tous lesa utres instruments méchaniques contiennent virtuellement un lévier; c’est-à-dire , que st on ne lailfoit que le seul lévier dans toutes les autres machinessimples, en retranchant tout le reste, la même proportion réciproque entre'ms vitesses de la puillànce Sc du poids , 8 c leurs intensités, lé verroit austic foi renient dans un tel lévier, que dans la machine , avant qu’elle y fut* e duite : il ne fuit pourtant pas delà, qu’on puillè avec le lévier seul venir auu t de tous les autres instruments méchaniques ; car on les a imaginés dedifférentes formes, pour répondre aux différentes manières de travailler ,l I Ul fout requises dans les opérations méchaniques pour les usages de la vie,