EXPERIMENTAL E. -8,
teau , sa vitesse est d’autant plus petite en comparaison de celle du mar-teau , qu’il a plus de matière que le marteau. 11 ne faut pas même dansce cas attribuer à Penclume une vîteílè moindre que celle du marteau enproportion réciproque de leurs malles ou. quantités de matière; car celan’arriveroit que dans le cas où l’enclume seroit suspendu librement, parexemple , dans s air avec une corde , & qu’il fût frapé horizontalementavec le marteau ; mais la résistance des côtes, qui forment un arc fousl’enclume , doit encore diminuer cette vîteílè : enibrte que si le marteauf'rapant l’enclume lorsqu’il est suspendu librement, peut le faire sortir desa place d’un pouce , li l’on met derrière l’enclume une résistance égale àson poids, il*he sortira que d’un demi-pouce ; & si cette résistance estdouble, ce ne. lera que d’un quart de pouce, &c C'est ainsi que lavîteílè communiquée par le marteau , est distribuée à toutes les partiesd’une grande pierre , lodqu’on la met lu r la poitrine de I’homme pour larompre ; mais lorsque le coup est donné, l’homme lent moins le poids deia pierre , qu’il ne le reíìèntoit auparavant , parce que dans la réaction dela pierre , toutes lès parties autour du marteau s’élevent vers le coup ; &li la ténacité des parties de la pierre n’est pas plus forte que la force aveclaquelle elle le meut vers le marteau , la pierre se brisera , comme elle lefait lorsque le coup est fort, 6ç qu’il est frapé sur le centre de gravité dela pierre.
N. B. Que les parties des corps frapés se meuvent vers le coup , c cfl uneconséquence d’une loi de nature , dont voici s explication.
Inexpérience commune de placer un bâton par ses extrémités fur ■ deuxvçrrcs d’eau, & de le fraper en bas par le milieu , enibrte que le bâtonse rompe fans briser les verres, ou fans verser l’eau , est une preuve évi-dente du fait ; & l’observation de ce qui arrive dans cette Expérience ,fait voir qu’elle dépend de la premiere Loi de Nature ; Car li lesverres A , B , ont fur leurs bords le bâton A B , dont le centre degravité .est en C ; & si on le frapé avec une barre dont on voir la coupeen C , ce bâton par la premiere loi faisant essore pour rester dans sonétat de repos , n’a que fa ténacité pour résiste r au coup de la barre , quibrilè le bâton pendant le tems qu’elle va en c ; & alors les deux partiesdu bâton doivent être dans la position c a Sc c b , & s’élever toujours entournant vers C ; car M , m , centres de gravité des deux parties du bâton ,faisant effort pour rester dans leurs places respectives , deviennent les centres du mouvement de ces deux bâtons ; d'où il arrive , que comme par lacontinuation du coup , ils i'oqt poulies fous deux en bas vers c , leursextrémités a Sc b doivent être portées en haut, & vers C, par un mou-vement circulaire.
Cela paroît encore mieux , si l’on fait l’Expéricnce d’une maniéré touteopposée ; car íi l’on frapé le bâton en haut dans la direction c C , oufompra les verres , si le coup est fort ; Sc s’il n’est pas fort vif, l’eau lèr êpandra.
H y a aussi une autre Expérience qui rend ceci très-évident,
Tome L N n
Norr.5 íltrla IV. Leçon.
%**%/*+»*>
Planche r g.Figure 9.