56 COURS DE PHYSIQUE ;
KotES sur la £ l ue la plupart des mêmes Phénomènes pouvoient le résoudre également parVie. Leçon. ^ es calculs de l’une ou de l’autre opinion : toute la dispute ne roulant que surun mot. Car le mot Force, donc on a 'considéré la mesure différemment, n’estpas pris dans le même sens par les Défenseurs des opinions contraires : &comme chacun a la liberté de définir la chose dont il veut parler , pourvuqu’il s’attache à fa définition dans tous ses raisonnemens; ainsi lorsque nousentendons différentes choses par le même mot, nous poiwons avoir raison lesuns & les autres ; & lorsque l’un des partis opposés s’imagine que les autresprennent ce mot dans le même sens que lui , il peut croire qu’ils font dansferrent. Quoique cette dispute ait duré bien des années ( environ 59 ans ) ellea été cependant utile à la Physique & aux Méchaniques, ayant donné occasionà plusieurs réflexions, & à faire plusieurs expériences ausquelles on n’avoicpaspensé ci-devant. Mais pour bien éclaircir cette matière, je vais expliquer ceque nous entendons par ce mot Force , & cé que ces Meilleurs que nous avonsappellé nos Adversaires, entendent par le même mot : on verra par là que laplûpart des expériences & des raisonnemens de part & d’autre doivent sub-sister & favoriser la mesure de la Force selon les différons sens que l’on donneà ce mot ; par conséquent nous ne sommes pas opposés les uns aux autres dansle fonds, quoique nous appellions Adversaires ceux qui paroissent d’un sen-timent contraire.
Nous (c’est-à-dire, les Philosophes Anglois 8 c François ) entendons par lemot Force , la même chose que par le mot momentum , mouvement , ou quan-tité de mouvement , ou pression inflantanée, ce qui étant mesuré ( en comparantles corps en mouvement les uns avec les autres ) par le produit de la masse &de la vîteste, ne se connoît que pat son effet; c’est-à-dire, que le produit dela mastè par la vîteste exprime ce que nous appelions momentum bu force , doncil est la mesure ; & pour sexpliquer encore plus clairement, lorsque nous con-sidérons les corps qui parcourent un certain espace, nous faisons toujours at-tention au tems pendant lequel cét espace est parcouru, & c’est ce que nousappelions vitesse.
Nos prétendus Adversaires (c’est-à-dire , les Physiciens Holiandois, Ita-liens Sc udllernands ) entendent par le mot Force ou Force inhérente k un corpsen mouvement , tout ce qu’elle est capable de produire; ou en d’autres termesla Force est toujours mesurée par l’effet total qui est produit par le corps enmouvement, jusques à ce que toute íà force soit entierement communiquéeou détruite j fans aucun égard au tems employé à produire cet effet total;parce qu’on regarde cet effet total comme la mesure parfaite & entiere de ceque l’on entend par la Force : conformément à cet axiome reçu : que les effetsfont toujours proportionnels à leurs causes.
Pour confirmer ce que j'ai dit fur le sens que nos Adversaires ont donne aumot Force ( je les appelle toujours adversaires uniquement pour les distin-guer ) qu’il me soit permis de citer quelques-unes des expressions du ProfesseurM. S'Gravefande fat cette matière, tirées du Journal Historique de la Républi-que des Lettres , pour Novembre 8 c Décembre 1733 , sons le titre : NouvellesExpériences fur la force des Corps en mouvement , par Q. J. S’Gravefande,—»vers la fin. » I! me semble que ceci ( parlant de quelques Expériences) leve» la plus grande des difficultés qu’on ait opposées jusqu’à présent aux Ex-
» périences