3 »4 COURS DE PHYSIQUE
T y cipalement lorsqu’il doit pleuvoir, l’air devient d’ordinaire plus
leger. On imagine aflex ailément que si l’air devient plus leger,il doit pleuvoir ; car les parcelles d’eau imperceptibles répan-dues de toutes parts dans l’air en une quantité prodigieuse , n’é-tant plus suffisamment soutenues , dès que l’air a perdu un cer-tain degré de ía pesanteur 6c de sa force, elles commencent àtomber , 6c par cette chute se joignant plusieurs ensemble, ellesforment des gouttes de pluye. C’est ainsi que dans la machine duvuide , après qu’on a pompé environ la moitié de l’air, êc qu’onl’a par conséquent afroibli de moitié, on voit une petite pluiequi tombe. Mais pourquoi l’air devient-il moins pesant? Onpourroit croire que dans le lieu où il pleut, il a perdu de íà pe-santeur 6c de sa masse, parce que les vents en ont transporté ail-leurs une partie. Mais M. Leibnit 3^, dans une lettre qu’il a écriteà M. l’Abbé Biynon , en donne une raison plus ingénieuse êc plusneuve.
Il prétend qu’uh corps étranger , qui est dans un liquide ,pesé avec ce liquide 6c fait partie de son poids total, tant qu’ilest soutenu, mais que s’il cesse de l’être, 6c tombe par consé-quent , son poids ne fait plus partie du liquide , qui par-là vientà peser moins. Cela s’applique de soi-même aux parcelles d’eau,elles augmentent le poids de l’air s’il les soutient, Lc le dimi-nuent s’il les laisse tomber. Et, comme il peut arriver souventque les parcelles d’eau les plus élevées tombent quelque temsconsidérable avant que de se joindre aux inférieures, la pesan-teur de l’air diminue avant qu’il pleuve , 6c le baromètre prédit.
Ce nouveau principe de M. Leibnit^ peut surprendre 5 carque le corps étranger qui est dans le liquide y soit soutenu ounon , ne fa u c-il pas toujours qu’il pèse ? Et peutil peser fur quel-que autre fond que fur celui qui porte le liquide entier ? Ce fondcesse t’il de porter le corps étranger , parce qu’il tombe ? Et cecorps même en tombant, n’est-il pas toujours partie du liquide,quant à l’effet de la pesanteur ? A ce compte, pendant qu’il sefait une précipitation chimique, le total de la matière péferoicmoins-, ce qu’on n’a jamais observé, Sc ce qui ne paroit nulle-ment croyable.
Mais malgré ces objections , le principe subsiste, quand onl’examine de plus près. Ce qui porte un corps pesant en est pressé 5une table, par exemple, qui porte une masse de fer d’une livre,cn est pressée, 6c ne l’est que parce qu’elie soutient toute l’ac-