EXPERIMENTALE. V 5
don & tout f essor t que la cause de la pesanteur, quelle qu’elle Leçonsoit, exerce sur cette masse de fer pour la pousser plus bas. Si latable cédoit & obeissoit à faction de cette cause de la pesanteur,elle ne seroit point pressée & ne porteroit plus rien. De même,le fonds d’un vase qui contient un liquide s’oppose à toute fac-tion de la cause de la pesanteur contre ce liquide. Si un corpsétranger y nage , le fond s’oppose aussi à cette même action con-tre ce corps, qui étant en équilibre avec le liquide , en est à cet.égard une véritable partie. Ainsi le fond est pressé & par le li-quide & par le corps étranger, & il les porte tous deux.
Mais si ce corps tombe, il obéit à faction de la pesanteur , 6tpar conséquent, le fond ne le soutient plus , & il ne le soutien-dra que quand le corps fera descendu jusqu’à lui. Donc, pendanttout le tems de la chute, le fond est soulagé du poids de cecorps, qui n’est plus porté par rien ; mais poussé par la cause dela pesanteur , à laquelle rien ne f empêche de céder.
M. Leibnit 2^, pour appuyer son idée, proposoit une expérien-ce. Il falloir attacher aux deux bouts d’un fil deux corps, f unplus pesant, fautre plus leger que seau, & tels que tous deuxensemble ils flottassent sur seau ; après les avoir mis dans untuyau plein d’eau 5 il falloit suspendre ce tuyau à une ba-lance où il fut exactement en équilibre avec un poids, ê£ en-suite on devoir couper le fil où seroient attachés les deuxcorps de pesanteur inégale , ce qui obligerait le plus pesantà tomber. Il foutenoit qu’alors le tuyau ne seroit plus en équili-bre ; mais que le poids qui lui est égal Pemporteroit & le seroitmonter , parce que. le fond de ce tuyau seroit moins char,gé. On volt qu’il doit avoir une longueur suffisante, afin que lecoi ps qui tombe n arrive pas au fond, avant que le tuyau ait eule loisir de monter. Dans les précipitations chimiques, les vais-seaux ont trop peu de longueur , où les matières fc précipitentavec trop de vitesse, ou quelquefois même avec trop de lenteur 5car alors les corpuscules qui tombent font toujours sensiblementen équilibre avec la liqueur qui les contient.
M. Ramaï^ini , fameux Professeur de Padoue, à qui M. deleibnit^ avoir proposé son expérience, l’a faite avec succès,après quelques tentatives inutiles. Elle a réuffi de même à M. deRèaunwr x à qui f Académie enavoít donné l’e foin ; 6c voilà unenouvelle vue de Physique, qui, quoiqu’elle tienne à un principefort connu , est fort fine 8c fart recherchée , 8c nous donne un
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