34 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MASSONS
clés deux petites façades que nous publions aujourd’hui. En C, est indiqué l’aqueducde Marie de Médicis ; en A, l’entrée même de l’habitation actuelle, montrée dans sonensemble planche 1 ; et enfin, en B, se voit le gracieux pavillon dessiné planche 3. Cesdeux façades, assez éloignées l’une de l’autre et fixées dans la construction romaine, nesont vraisemblablement que les restes d’une habitation plus importante. Il est en effetdifficile d’admettre qu’elles aient été dès l’origine ainsi disposées. A quelle époque, sousquel règne cette transposition s’est-elle opérée? C’est ce qu’il nous serait difficile de dire,les recherches que nous avons pu faire à ce sujet n'ayant eu aucun résultat. Il est à pré-sumer, cependant, que ces deux parties d’un même édifice se trouvaient déjà là avant laconstruction du grand aqueduc de Louis XIII . La façade du pavillon (pi. 3) vient littéra-lement toucher à l’une des piles de l’aqueduc moderne : or, comment admettre que, deplein gré, on se soit plu à masquer si malencontreusement cette gracieuse petite façade.Les motifs que nous reproduisons en gravure aujourd’hui seraient donc là depuis plus dedeux siècles. On doit observer aussi qu’une des arcades de l'aqueduc moderne a été percéed’une grande ouverture, précisément en face de notre habitation, bien qu’en cet endroitles arcades ne soient point évidées (voy. le plan général). On attachait donc, dès le com-mencement du xvii c siècle, assez d’importance à ces débris delà Renaissance, pourque l’architecte dût ainsi transiger avec la symétrie et laisser libre leur abord. Quoiqu’il en solide toutes ces considérations, de toutes ces suppositions, il est certain queles ruines du vieil aqueduc romain, les constructions moins anciennes dessinées danscette monographie, et enfin l’aqueduc moderne de Marie de Médicis , produisent encore àcette heure un ensemble d’un aspect singulier qui attire vivement l’attention.
Il faut en faire l’aveu : nous n’avons pu recueillir aucune inscription, aucune dateà l’intérieur ni à l’extérieur de la maison d’Accueil, et nous serons obligé de nous basersur des comparaisons pour lui assigner une époque positive. Si l’on s’en rapporte austyle des deux façades, au caractère de F ornementation et des moulures, il sera peut-êtrepermis de faire remonter l’origine de cette construction à la fin du règne de Henri II ,vers 1560 par conséquent. Au premier examen delà maison d’Arcueil , nous n’aperçûmesd’abord que l’entrée même de l’habitation, la façade aux cariatides, et nous hésitions àla dessiner, ne voyant là qu’un assez joli et assez fin petit motif isolé, difficile à utiliserdans notre publication. Nous allions même laisser là, non sans regrets il est vrai, lagracieuse façade, lorsque nous avisâmes, au fond d’une ruelle obscure, fermée par unmur élevé, la vague silhouette d’une autre façade de même style, celle dont la repro-duction se voit planche 3. Nous obtînmes facilement l’autorisation de pénétrer dans leréduit en question. Là, nous pûmes constater, en effet, que nous avions devant nous lefragment le plus curieux, le plus intéressant de toute cette agglomération de bâtiments.Dès lors nous pûmes nous mettre à l’œuvre, nous avions des matériaux suffisants pourcomposer une petite monographie. Cependant le relevé de cette seconde façade devenaitextrêmement difficile, pour ne pas dire impossible ; il nous effraya même sérieusement,D’abord le pavillon entier se trouvait dans un état pitoyable de vétusté ; les moulures etles sculptures, rongées par Fliuinidité, n’olfraient plus, par places, que des formes vagues