II est peu d’artistes qui n’aient, dans une de leurs promenades champêtres, dirigé leurspas vers le village d’Arcueil , soit pour y visiter sa remarquable petite église, soit pourcontempler les lignes imposantes de son populaire aqueduc. Ces deux édifices, d’un genresi différent, sont, à l’exception des restes d'un petit manoir appelé «l’Aumônerie», lesseuls monuments encore existants dans l’antique village. L’origine d’Arcueil est en effetfort ancienne. Le bourg doit son nom {Aveuli) aux arches de l’aqueduc primitif con-struit, selon toute vraisemblance, au iv e siècle, pour conduire les eaux de Ruugîs aupalais des Thermes. L’aqueduc moderne, qui traverse la vallée de Bièvre, fut élevé, parordre de Marie de Médicis , en 1613, d’après les dessins de Jacques Desbrosses. Ildevait conduire les eaux de Rungis dans le jardin même du Luxembourg . Comme ilconvient à un édifice de ce genre, sou architecture est des plus simples : d’un aspect peudifférent de ceux qui se construisent de nos jours, l’aqueduc de Desbrosses se composed’une suite d’immenses arcades, dont chaque pile est soutenue par un rustique contre-
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fort; huit arcades seulement sur vingt-quatre sont à jour, et la Bièvre, ce noir et immonderuisseau, roule ses eaux boueuses sous Tune d’elles (1).
En examinant le plan ci-contre (fîg. 1), il sera facile de se rendre compte de la position
(i) Il n’était pas inutile de donner un aperçu de la posiliou et de la structure de l’aqueduc moderne d’Arcueil , car c’esttout auprès de lui, à son ombre, que nous avons pu recueillir les restes d’une demeure autrefois importante, sans nuldoute, si l’on s’en rapporte aux soins apportés dans sa construction et sa décoration. Cette maison, ou, pour mieux dire,ces fragments de maison, sont encastrés dans l’aqueduc ancien, dont le temps a respecté quelques piles d’une belle struc-ture, appareillées comme les murailles de la salle des Thermes, à Paris .
1 )