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Tome premier.
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PALAIS 7 CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS. 47

château, est bornée aussi par le parapet du large fossé d’eau vive G, qui entoureentièrement le château proprement dit, dont les grands corps de logis se développent,de cet endroit, à l’œil surpris et charmé du visiteur. Disons tout de suite que ces fossés,alimentés par le canal J, ont 22 mètres de largeur en moyenne.

Un pont de pierre D, composé de trois arches, conduit au pavillon isolé E, servantd’habitation au concierge. La charpente du pont-levis venait s’appuyer à la base dedeux obélisques fort élevés qui existent encore, et dont le piédestal contient une sortede guérite, ou cellule de garde, dans laquelle on ne dépose plus maintenant que desoutils de jardinage. Notre planche VIII montre la façade principale du pavillon duconcierge, dont l’architecture massive nous paraît laisser vivement à désirer. 11 étaitfacile, il nous semble, de donner un aspect bien accusé de solidité, de puissance même,à ce bâtiment, sans arriver pour cela à une telle lourdeur. Mais le manque de légèretéest le défaut généralement reproché à Le Muet, dans la plupart des édifices qu’il aconstruits. Nous avons restitué, dans la même planche VI II, la grande muraille décoréed’arcades, et surmontée d’un chemin de ronde qui réunissait le pavillon aux deuxgrandes ailes du château. Aujourd’hui, une simple balustrade de pierre borde le fosséen formant parapet. Avant que la grande muraille à jour fût démolie, cette partie duchâteau de Tanlay devait offrir une certaine similitude avec les coutumes défensives dela féodalité ; car le pavillon reproduit dans sa distribution les poternes qui, pendant lemoyen âge, défendaient l’entrée de l’habitation.

Nous voici dans la cour d’honneur, dont les dimensions, déjà remarquables, sont de42 mètres sur 32. Elle est formée par le corps de logis principal, par les deux ailesterminées à droite par la tour dite de la Chapelle, et à gauche par celle des Archives(en B et C du plan du rez-de-chaussée). Ces deux tours sont couvertes par une toitureen forme de dôme, sur lequel s’ajuste un lanternon. Les tourelles à pans des anglesrentrants contiennent l’une et l’autre un vaste escalier : celle de droite, œuvre de LeMuet, est moins correcte que la première, élevée, comme on le sait, par les Coligny . Lafaçade du corps de logis central nous paraît suffisamment expliquée par la gravured’ensemble; toute description serait évidemment superflue, et nous prions nos lecteursde s’en référer aux planches IN, NI et NII, qui montrent d’abord la façade proprementdite, puis, un détail de la porte des escaliers, et enfin l’une des riches lucarnes descombles. Laporte est assez caractéristique, bien que gravement mutilée (1); quant auxlucarnes monumentales de l’attique, elles ne méritent pas, malgré leur grande richesse,notre entière approbation. Leur silhouette nous paraît manquer de vigueur, de finesseet même de tournure. Les hautes souches de cheminées, en revanche, produisent,malgré leur simplicité, un effet assez heureux. Voici (fig. 4) un de leur couronnement.

(1) Un bas-relief'placé au-dessus de l’inscription a été entièrement détruit en 1793; l’absence de ce bas-reliefdénature en quelque sorte la base de la tourelle. Nous ignorons quel sujet s’y trouvait représenté ; mais, pour n’avoirpoint trouvé grâce devant les révolutionnaires du pays, on doit supposer qu’il contenait quelque emblème prohibé àcette époque. Un curieux procès-verbal, conservé dans les archives de Tanlay, mentionne la visite faite par deuxcitoyens de Tonnerre envoyés au château pour constater si tous les signes delà féodalité avaient été brisés ou seulementrecouverts de plâtre. Les écussons et les armoiries ont en général été brisés à coups de marteau; on ne laissa réelle-ment subsister partout que le chiffre du surintendant d’Hémery, composé des lettres entrelacées M D P II.