MAISONS A ORLÉANS
XVT ET XVIP SIÈCLES
I.
La situation de la ville d’Orléans à l’entrée de l’Anjou et de la Touraine , tu sonimportance commerciale et politique, la préparaient dès le xiv B siècle à jouer un grandrôle au point de vue architectural. Le groupe des cités auquel, elle se rattacheenvironne un pays où les beautés de la nature, la richesse du sol et l’importance desprovinces ont de tout temps attiré les rois français , et où, depuis les premiers jours dela monarchie, ils se sont plu à édifier, tantôt de magnifiques églises, tantôt de richespalais ou de simples maisons de plaisance. Ils l’ont fait surtout au xv e siècle et au xvi e , etil n’est pas surprenant que la ville d’Orléans , où l’accumulation des richesses permettaitaux habitants les jouissances du luxe, ait subi'le contre-coup d’un pareil voisinage, etqu’elle ait fini par se peupler, elle aussi, de maisons rnlies e’ coquettes et d’un grandnombre d’édifices religieux. L’opulence de la ville d’Orléans l’a toujours placée au pre-mier rang dans notre pays ; sa situation commerciale était des plus heureuses : au bordd’un grand fleuve, à égale disk des cités les p 1 :. , importantes, entre Paris , le Mans,Chartres, Angers, Tours, Ghâteauroux, Ne vers, Auxerre et Sens, c’est-à-dire au milieudes pays les plus féconds en produits ut Tes, elle devait forcément leur servir d’entrepôtet de ville intermédiaire, et posséder une bourgeoisie enrichie par le négoce. De plus, sasituation politique et milita ; 'a mettait en contact avec la cour : quand on quittait Paris pour les contrées du sud-oiust, elle était le premier grand centre de population que l’onrencontrait ; elle tenait mur ainsi dire la clef du Midi, et sa position sur la Loire indi-quait nettement à quoi elle pouvait servir. De là dans ses murs une affluence continuellede courtisans et de gentilshommes ; de là, entre ces nobles hôtes et les bourgeoisOrléanais , un mélange assidu, une fréquentation de tous les jours modifiant peu à peules idées et les moeurs, les faisant passer des habitudes mercantiles aux occupations élé-gantes, et forçant les négociants à abandonner de plus en plus leurs goûts parcimo-nieux pour mener un genre de vie luxueux et raffiné.
Orléans est donc une ville essentiellement architecturale, et en ce qui concerne les mo-numents de la Renaissance, elle est vraiment précieuse à étudier. Nous ne parlerons pasde ses édifices religieux, qui, pour la plupart, sont dus à l’art du moyen âge, et ne sau-raient trouver place dans une publication consacrée à des monuments civils, à des maisons
particulières. Mais, au premier rang des édifices qui sont de notre domaine, qui nous
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