2 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
intéressent directement, nous citerons l’ancien hôtel de ville de la cité, converti aujour-d’hui en musée. Ce splendide monument des premières années de la Renaissance sevoit dans une rue étroite qui traverse le vieux quartier de la ville, en descendant versla Loire . Voici comment le docteur F. Cattois, dans un de ses plus remarquables ouvrages,apprécie ce beau palais du xvi e siècle, objet d’étonnement et d’admiration.
« L’ancien hôtel de ville d’Orléans , abandonné, délaissé, puis repris par la faveurpublique pour être transformé en musée sous nos yeux, serait une énigme, une erreurpour nous, si ces pierres seules racontaient son origine. Ce que dans notre langue artis-tique nous appelons Renaissance, s’épanouit là dans la plénitude de sa vie ! Une trans-formation imprévue que le hasard annonce dans une seigneurie voisine, à Beaugeney,se montre ici avec tous les caractères qui décèlent la puissante originalité.../ Si tout estsimple et modeste de développement, tout est exquis d’exécution. Si l’on considère laperfection de tontes les parties, l’heureuse harmonie qui les relie entre elles, le goût deson ornementation, la convenance de ses dispositions extérieures, plus encore que sesappropriations intérieures, on sentira tout de suite qu’on se trouve en face d’un typeimportant à conserver et bien propre à être proposé en exemple (1). »
Après l’ancien hôtel de ville nous ne devons pas craindre de nommer la maison dited’Agnès Sorel , dans la rue du Tabourg. « Quoi de plus naïvement gracieux et de plussimple ! dit encore le docteur Cattois ; mais en même temps qivimaginer de plus originalet de plus attrayant que ces hautes façades posées sur de trop minces jambages, peut-être, ou bien encore sur de trop faibles fûts ; si bien que les dissonances de proportions,s’il en existe, apparaissent à peine au regard le plus attentif, tant l’œil est flatté parl’heureux accord de tontes les parties dans ce merveille 1 2 " ensemble. »
La maison dite de Diane de Poitiers , située presque eu face de l’ancien hôtel de ville,vient à sa place après celle d’Agnès Soreî. Qu’elle ait été vraiment habitée par la bellemaîtresse de Henri II , c’est ce qu’il est difficile d’affirmer ; mais ce qu’on peut avancersans crainte, par exemple, c’est qu’elle est une des plus charmantes constructions de laRenaissance, non-seulement de la ville d’Orléans, mais de la France entière. Elle sembleappartenir, et comme style, et comme décoration, à l’architecte Jean Bullant ou à sonécole. La façade donnant sur la rue n’a jamais été fort ornée, mais la façade sur la courest, en revanche, des plus riches et des plus intéressantes.
Après ces trois mmsons historiques, les principales d’Orléans , il faut citer l’hôtel actuelde la mairie, a fcien hôtel Groslot, construit également au xvi e siècle, mais tellementmodifié depuis, tellement augmenté, diminué, transformé, que son ancien propriétaireaurait quelque peine à le reconnaître ; — la maison dite de Jeanne Deere, située dans larue du Tabourg, et connue aussi sous le nom de maison de F Annontiade, à cause d’uneannonciation sculptée autrefois sur la porte d’entrée ; — deux maisons de la rue Pierre-Percée, citées pour l’élégance de leurs façades et pour leur décoration intérieure (2) ;
(1) U Architecture civile et domestique, par A. Verdier, architecte, et le docteur F. Cattois,
(2) L’une de ces maisons, la maison dite de la Coquille, est représentée avec tous ses détails dans l’intéressant ouvragede MM. Verdier et Cattois, Y Architecture civile et domestique au moyen âge et à la renaissance (Paris , A. Morel, éditeur).