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Tome troisième.
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26 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

Après le cardinal Duprat , les détails sont peu nombreux. On voit, en lisant une épi-taphe de l’époque (1), que Nantouillet appartint à la famille de Duprat jusque sous le règnede Charles IX . On sait, par les notes de l’Estoile (tome II, page 240), que le petit-fils duchancelier, Duprat IV, prévôt de Paris , habitait le château, qu’il avait refusé de céderau duc de Guise, lorsque son frère, le baron de Viteaux, vint à main armée lui faire, aunom du roi, un emprunt forcé. On sait aussi qu’en 1816, un corps de logis placé à droitede la cour et dont il existe encore des arrachements, fut détruit pour procurer de solidesmatériaux tout élaborés à l’architecte chargé d’élever en dehors le manoir du nouveaumarquis de Nantouillet. On sait enfin que le château et ses dépendances, convertis enferme et exploitation agricole, ont appartenu à un M. Delalonde, et appartiennent à pré-sent à M. Brière Valigny (2).

L’histoire du château se borne à ces détails pour ce qui regarde le commencement etla fin, c’est-à-dire pour les périodes qui précèdent et suivent le cardinal-chancelier. MaisNantouillet est tout entier dans la vie du ministre de François I er : celui-ci en a été levrai fondateur, et de tous ceux qui font habité, il est, à l’exception de son souverain, leseul qui ait marqué dans l’histoire. C’est de lui que nous allons maintenant nous occuper.

IL

On sait que dans les temps passés, surtout au moyen âge, les devises avaient unegrande importance : elles complétaient le blason, et disaient en leur langage ce que nepouvait pas exprimer le langage des armoiries. Fières ou galantes, simplement héroïquesou sérieusement chrétiennes, elles annonçaient la pensée intime de celui qui la portait, oubien, reçues en héritage, elles n’étaient pas autre chose qu’une suite de mots, une piècede plus dans l’ensemble des pièces de l’écu. On en connaît de fort remarquables. Ainsicelle des Rohan, qui indiquait l’orgueil de cette famille : Roi ne suis, prince ne daigne,Rohan suis. Celle de Valentine de Milan , adoptée par cette princesse après la mort deson mari, et exprimant son intention de se condamner à un veuvage perpétuel : Plus nem'est rien, rien ne m’est plus. La devise de la Toison d’or : Autre n’aurai , choisie par leduc de Bourgogne Philippe le Bon, qui venait d’épouser Isabelle de Portugal , et annon-

(1) Voici cette épitaphe :

Manibus illustris semiaviqueGenerosique patris sacrum{Aux restes d'un illustre, vénérable et généreux père,ce tombeau est dédié.)

« Sépulture de hault et puissant seigneur messire Antoine Duprat, chevallier seigneur de Nantouillet, de Précy et de» Rozoy, baron de Thiers et de Viteaulx, conseiller et chambellan de ces deux grands rois François I er et Henri II ®, et» par Leurs Majestés garde de la prévôté et viconté de Paris , lequel, après avoir fait plusieurs services à Leurs Majestés» tant en Italie que en ce royaume, et par les actes laissé suffisant témoignage aux hommes d’une intégrité et d’un cœur» généreux, âgé de 55 ans, trépassa à Paris le 29 ior demay 1557.— Messire Antoine Duprat son fils, chevallier seigneur» desdits lieux, conseiller et chambellan des rois François II e et Charles IX , et par Leurs Majestés garde delà prévôté, vi-» conté de Paris , à la perpétuité dudict seigneur son père, de luy et sa postérité, lui a fait ériger ce monument. MDLXV. »

Cette épitaphe a été copiée par nous sur une plaque de marbre fixée sur un des murs latéraux de l’église de Nantouillet.

(2) Nous remercions ici M. Brière Valigny de l'autorisation qu’il a bien voulu nous donner de dessiner et de publier lechâteau de Nantouillet, sa propriété.