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Tome troisième.
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CHATEAU D’ANGERVILLE-BAILLEUL

XVP SIÈCLE

I

Noos voici en présence d’un château entièrement inédit. Ouvrez les écrits les pluscomplets sur l’architecture au xvi° siècle, feuilletez les recueils de notices locales,et vous ne trouverez ni dessins, ni gravures, ni renseignements sur le châteaud’Àngerville-Bailleul. Ainsi, dans un sens artististique, cet édifice est en quelque sortenotre possession : nous sommes les premiers à le faire connaître, à le décrire. Aux yeuxdu monde archéologique et littéraire, nous le réclamons comme nous appartenant, etnous le reproduisons avec l’amour de la découverte et de la paternité.

En voyageant à travers la France pour recueillir les édifices gravés dans notre collection,nous aurions passé comme tant d’autres, sans doute, auprès de ce beau château, sansnous arrêter devant ses murs, si l’un de nos habiles architecte, M. Desmarest, de Rouen ,ne l’avait signalé le premier à notre attention. Comment, en effet, soupçonner un bijoud’architecture dans un endroit si écarté ? Rien n’y conduit, rien n’y attire. Un pays plataux abords de Fécamp , voilà ce qui l’entoure; des arbres touffus, la verdure d’un parcétendu de tous côtés, voilà ce qui le dérobe aux voyageurs. Du dehors on ne peut l’aper-cevoir ; il ne se montre pas, il se cachenjPour le chercher, il faut être averti ; alors on sehasarde à pénétrer des profondeurs de végétation, on s’aventure à travers le parc, et aubout d’une longue allée on aperçoit cette petite merveille de la Renaissance.

Nous venions de dessiner le château des Ifs, situé à quelques lieues d’Angerville, etnous étions encore sous l’impression de ce manoir du temps de Henri IV ou de Louis XIII ,mais l’édifice que nous avions sous les yeux nous le fit vite oublier ; les lignes pures etétudiées du château d’Angerville, son isolement, son aspect quelque peu triste, nouscaptivèrent tout d’abord. Tel qu’il était, privé au dedans et au dehors d’une partie de sesornements, ne répondant guère par son intérieur, à cause des dégradations non encoreréparées, à la jeunesse trompeuse de l’extérieur, il nous séduisit pourtant, et sans plustarder, on se mit à l’œuvre pour le dessiner... Nous lui devions cet hommage, et commeédifice d’un mérite réel, et comme édifice inédit.

II

Sur une plaque rectangulaire qui sert de couronnement à la fenêtre du campanile, onlit la date de 1543. Si l’on en croit cette inscription, le château remonterait à la fin du