Bornes denos faculiésdans Ja recher-che des causes.
400 RECHERCHES SUR LES VARIATIONS BE
plusieurs causes5 qui, chacune à part, suivent des loix fortdifférentes de celles qui paroit dans leurs effets communs.
1077. Quand la Nature se couvre ainsi à nos yeux, c’està l’imagination à la sonder. Mais l’imagination a besoin d’unfrein ; ôc nous le trouvons dans les loix des phénomènes, quiredressant presque sûrement ses écarts , la resserrent peu à peudans les routes qui mènent à la vérité. Et c’est là tout ce quenous pouvons attendre ; jamais nous ne verrons la vérité quede loin: les phénomènes qui frappent nos sens nous mon-treront toujours imparfaitement les effets des causes princi-pales : mille petites causes particulières, dont plusieurs mêmesfont dans nos organes ou dans nos machines, nous empê-chent de les saisir. Lors donc que nous nous sommes assuréspar des moyens dont la raison est contente, de l’existencedes causes principales auxquelles nous attribuons certains phé-nomènes , ôc que nous avons examiné autant qu’ilest possible l’in-fìuence que peuvent y avoir des causes particulières ; nous de-vons nous contenter â'à-peu-près , dans la liaison de ces cau-ses principales avec les phénomènes qui en dépendent.
1078. J’ai prouvé par des expériences immédiates, l’exisitance des causes auxquelles j’attribué principalement le ma-ximum de chaleur de seau bouillante , ôc ses variations par di-vers états de f air. J’ai essayé d’aísigner des loix à ces causes,en partant dune théorie que j’ai appuiée fur des faits. Jevais montrer à présent les défauts que je reconnois moi-mê-me dans ces expériences immédiates ; défauts qui s’opposentà la découverte exacte des loix que suit la Nature dans ces phé-nomènes. Cependant les loix auxquelles je me fuis arrêté, Rap-pliquent aux observations avec autant d’exactitude qu’onpou-voit en attendre: c’est ce que je montrerai ensuite. Mais enexaminant les conséquences extrêmes qui résultent de ces loix ,j’aurai occasion de faire voir, que lorsqu’on veut appliquerrigoureusement le Calcul à la Physique , on oublie ce qu’elle est ,ôc ce quelle sera toujours pour les hommes.
ire. incerti- 1279. C’est de ma dernière expérience que je veux prin-expériences î" cipalement parler. Le prémier doute qui s’élève contre lesprécéd. prove- déterminations qui en résultent $ vient de ce que je ne suis
pas
Circonspec-tion qu on doitapporter dans1 application ducalatl à la Phy-sique.