DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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d’ordre dorique, et en deux fenêtres semblables à celles des autres corps de logis. C’estdans cette partie de l’hôtel que sont disposés, au rez-de-chaussée, divers passages, desescaliers de service et le logement du portier (voy. le plan général du rez-de-chaussée del’hôtel, figuré planche I re ).
Dans les ailes, ou corps de logis latéraux, on voit, à gauche, diverses pièces destinéesà la domesticité ; à droite, la cuisine, très-spacieuse et voûtée, avec deux massifspiliers au centre. Une vaste cheminée existe encore à Tune des extrémités de la salle, ettout à côté, dans l’angle, se voit un puits dont la présence était ici de rigueur. A côté descuisines viennent l’otfice et deux petites pièces pour les aides d’office, puis le garde-manger, et à l’autre extrémité la « salle du commun ». À droite et à gauche du grandescalier d’honneur sont les remises et les écuries, puis une cour ou passage qui conduitau quai. Un passage existe aussi sous l'escalier et met en communication directe lescours et les écuries.
Ce qui se voit d’abord en pénétrant dans cette cour d’un aspect imposant, mais assezfroid, c’est la façade du corps de bâtiment qui contient l’escalier. Pour cette raison, ildemandait à être orné avec plus de recherche et de magnificence que le reste ; c’est ceque Le Vau n’a point oublié. La façade, disposée en pavillon et légèrement concave auxextrémités, est entièrement ouverte sur la cour (1). Elle est soutenue, au rez-de-chaussée,par deux colonnes et deux pilastres d’ordre dorique, et au second étage, par autant decolonnes et de pilastres ioniques qui supportent un fronton. C’est au milieu de ce frontonqu’étaient, sans nul doute, sculptées les armes du président Lambert, soutenues par deuxlicornes. Les licornes et le cartouche existent encore, mais l’écusson, au lieu du blasondu président, montre gravés ces trois noms célèbres : Le Vau , Le Brun, Ze Sueur (2).
Après avoir monté un perron de huit marches, on trouve un palier carré, en faceduquel existe une ouverture en forme de porte, pratiquée sous la seconde rampe del’escalier. C’est au fond de ce réduit que se voit un Fleuve accompagné d une Nymphe,peints en grisaille par Le Sueur (voy. fig. 2). De ce palier, on monte par deux rampesaux appartements qui sont distribués dans les deux ailes : celui de l’aile gauche est moinsconsidérable. Mais il nous faut, pour conserver quelque méthode dans notre descrip-tion , gravir l’escalier tout entier afin de montrer un fragment de la balustrade dudeuxième étage, qui est, du reste, semblable à la rampe de pierre de l'escalier, aveccette différence qu’elle se présente ici dans son développement régulier (voy. fig. 3).Plus haut, existe la galerie contournant la cage ; puis vient la coupole quadrangulaire
(1; Une cloison vitrée a été, depuis un certain temps, placée aux deux étages, et vient gâter cette belle façade dont leslignes sont si pures et les proportions si heureuses. L’escalier ainsi fermé n’a plus l’aspect puissant et imposant, au moinsde l’extérieur, qui en faisait un des escaliers les plus remarquables, les mieux réussis des palais ou des hôtels duxvii c siècle. L’architecture de Le Vau proteste de toutes ses forces contre cette addition bourgeoise et moderne qu’onserait heureux de voir disparaître. Il va sans dire que, dans notre gravure du pavillon (voy. planche III), nous avonssupprimé la malencontreuse clôture.
(2) Evidemment, cette inscription est moderne et remplace le blason gratté en 93. — Le possesseur de l’hôtel, qui a faitgraver ces trois noms d’artistes fort à leur place au fronton de la façade, ne saurait être blâmé de ce fait ; mais iln’aurait pas dû, il nous semble, oublier le président Lambert, dont le nom était, au milieu de ce palais, digne deprécéder ou de suivre les trois autres.