DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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À droite de l’escalier, nous pénétrons dans le vestibule ovale servant de première anti-chambre aux grands appartements disposés d’angle, et desquels on pénètre de plain-pieddans le jardin en terrasse qui s’étend jusqu’au quai d’Anjou (1). De grands pilastresd’ordre ionique, prenant la hauteur de deux étages, décorent les façades qui donnent surce jardin. Ces façades sont terminées par un étage en attique, et ne méritent pas d’êtreautrement signalées.
Mais il faut revenir dans le vestibule ovale que nous venons de quitter, pour de làparcourir les diverses pièces de l’appartement. Tout le pourtour et le plafond du vestibulesont décorés d’ornements en grisaille imitant la sculpture et exécutés, dit-on, d’après lesdessins de Le Sueur . Dans l’emplacement occupé maintenant par l’escalier de servicecommuniquant avec le vestibule, était autrefois une chapelle également peinte encamaïeu, sur les dessins du même artiste. La galerie qui vient ensuite, précédéed’une antichambre, est l’ancienne bibliothèque de l’hôtel ; c’était là que le présidentLambert avait réuni cette magnifique collection de livres qui faisait l’admiration de sescontemporains. A la galerie succèdent deux petites pièces dont la principale, donnantsur le quai, est revêtue d’un riche lambris sculpté (2).
On traverse, en sortant de la galerie, une pièce servant d’antichambre, puis un salon,et l’on pénètre dans le cabinet désigné sous le nom de Cabinet de /’ Amour, par ce que toutce qui s’y trouvait représenté avait rapport à ce dieu perfide. Hélas ! le cabinet de l’Amourest privé à tout jamais des peintures merveilleuses dont il était orné. Il ne compte plus dansl’hôtel : c’est maintenant une pièce ordinaire et qui a perdu toute valeur artistique, toutparfum de sa splendeur passée. Le lambris doré dont il était revêtu était, dans sahauteur, partagé en deux parties égales par une corniche régnant tout autour de lapièce. Dans sa partie inférieure, le lambris était formé de différents panneaux dont huitrenfermaient des paysages exécutés par Patel et Van Swanevelt, et les autres panneauxet pilastres étaient couverts d’ornements, de figures d’Amours jouant avec les armes desdieux. Tous ces motifs sortaient du pinceau de Le Sueur , et étaient exécutés avec uncharme inexprimable. Cinq grands tableaux occupaient la partie supérieure du lambriset représentaient des scènes tirées de Yllliade et de Y Enéide. Us étaient peints par FrançoisPerrier, par François liomanelli et d’autres maîtres du xvn c siècle. Dans les deux tableauxplacés à droite et à gauche de la cheminée, on voyait le sacrifice d’Iphigénie et ladéification d’Énée ; en face des fenêtres, la défaite des Harpies et Japis guérissant Fnéede sa blessure. Le cinquième, qui fait face à la cheminée, avait pour sujet Vénus donnantdes armes à ce héros.
Le tableau peint au manteau de la cheminée représentait l’Amour qui, après avoirdésarmé Jupiter, descend des cieux pour embrasser l’univers ; au-dessus de la ported’entrée se voyait l’enlèvement, de Ganymède : ces deux morceaux sont de Le Sueur ,
(1) Nous avons restitué, dans nos plans, l’ancien dessin du jardin de la terrasse : c’est en consultant les planches deMariette sur l’hôtel du président Lambert que nous avons pu opérer notre restitution.
(2J C’est dans cette pièce que le prince Adam Czartoryski faillit être tué, en juin 1848, par une grfde déballés venuesdu quai. Quelques-uns de ces projectiles frôlèrent la tête du prince assis devant son bureau, et allèrent se loger dans laboiserie où l’on en voit encore la trace.
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