82 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
ainsi que les peintures du plafond dans lesquelles on assure que Le Sueur s’était surpassé.Elles consistaient en cinq tableaux. Le premier occupait le centre d’une petite coupoleménagée dans le plafond proprement dit, et représentait l’Amour qui vient de naître ;dans le second tableau, Vénus présentait son fils à Jupiter ; dans le troisième, Vénusétait irritée contre l’Amour qui s’échappe de son berceau. L’Amour, assis sur une nuéeet recevant les hommages de Mercure, d’Apollon et de Diane, faisait le sujet du quatrièmetableau. Le cinquième, au-dessus des fenêtres, montrait l’Amour tranquille et assuré deson pouvoir, ordonnant à Mercure de l’annoncer à l’univers.
Voilà pour le premier étage de l’hôtel. Revenons maintenant dans le grand escalier,et parcourons les appartements du deuxième étage, plus somptueux encore que ceuxque nous venons de décrire. Nous traversons comme en bas un vestibule ovale décoré degrisailles imitant la sculpture, et nous pénétrons directement dans la splendide galeriedont le plafond tout entier est peint par Le Brun. La porte de cette salle des fêtes mérited’abord d’être mentionnée, elle occupe la décoration entière de ce côté de la salle, dontle côté opposé est disposé en demi-cercle. La porte proprement dite est cintrée et placéeau milieu d’un portique d’ordre corinthien, composé de deux colonnes et deux pilastressupportant la corniche qui règne tout autour de la galerie. Le sommet de ce portique,disposé assurément pour produire un grand effet, a été utilisé par Le Brun commeraccord des épisodes principaux du plafond, et il y a peint, un buffet chargé de vases,de Heurs et de fruits disposés sous l’inspiration de Pan et de Bacchus.
Plusieurs parties de cette extrémité de la galerie sont peintes : ainsi, les chapiteaux etles cannelures inférieures sont dorés, tandis que les surfaces planes ont reçu des carquois,des couronnes, ou une imitation peinte de marbres différents de couleurs. Les enfantsailés qui se voient au-dessus du cintre sont sculptés, et, se détachent sur un fond d’or. Lafrise de l’entablement est peinte ainsi que les panneaux de la porte, où des arabesquesd’un goût exquis se dessinent sur un fond doré également (voy, pl. V et fig. 5 et b).
La galerie, on peut le voir à l’examen du plan, est longue et étroite : elle donne enlongueur près de 23 mètres sur o de large seulement. Tout, dans cette salle merveilleuse,respire la puissance et la richesse, mais une richesse de haut goût et exempte de superfluité.Non-seulement, on est impressionné, lorsqu’on y pénètre, par l’aspect un peu sombre quelui ont légué deux siècles d’existence ; mais on se sent, en outre en présence d’une œuvred’un mérite tout particulier, où les maîtres qui l’ont conçue et exécutée ont laissé delarges traces de leur génie. C’est du reste la pièce principale de l’hôtel, la pièce degrande réception et d’apparat, et il est naturel qu’elle ait reçu les décorations les plussomptueuses et les mieux exécutées. On peut affirmer que rien ne choque les yeux dansl’ensemble et les détails de cette immense et admirable pièce.
Elle est éclairée par huit fenêtres dont trois sont ouvertes à l’extrémité circulaire, etles autres sur le jardin en terrasse. Tout un côté dé la galerie est un mur plein ; mais surce mur est répétée la disposition du côté opposé, et en face de chacune des fenêtres sontménagées de vastes niches rectangulaires dans lesquelles sont exécutés, avec une rareperfection, des paysages où l’architecture joue un grand rôle. On ignore les auteurs de