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Tome troisième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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et les Vents qui commencent à s’agiter. Un génie placé au sommet du tableau présenteà Apollon le globe terrestre, tandis que des enfants portant des fleurs et des fruitsremplissent le reste du plafond.

Dans la gorge qui précède le plafond et qui le lie avec la décoration des lambris,François Périer, artiste déjà nommé, a peint quatre sujets représentant Apollon etDaphné, le jugement de Midas, la mort de Phaéton et le Parnasse. Le milieu seul de lagorge est occupé par les sujets que nous venons d’indiquer ; le reste, c’est-à-dire lesécoinçons, laisse voir la traditionnelle et emblématique licorne entourée de personnageshumains et caressée par eux. Ces peintures n’ont pas été enlevées et sont même dans unbon état de conservation (vov. planche XVII).

llien, en vérité, n’est plus hamonieux que le cabinet des Muses où l’on peut se figurerpar instant voir errer l’ombre de Le Sueur , cet admirable coloriste. Oui, cette chambrepeut être désignée comme le véritable sanctuaire de l’harmonie décorative. Vigueur destons, éclat des couleurs, finesse des ornements, netteté et simplicité des lignes, sont desqualités qu’on est heureux d’y rencontrer : aussi ne faut-il pas trop s’étonner du grandnombre de planches que nous avons consacrées à la reproduction de cette petite merveilledu xvii e siècle. Nous nous sommes laissé captiver par elle, nos sentiments, nos aspirationsartistiques y ont trouvé la pâture cherchée. Nous avons été ému, et au moment où sefaisaient nos dessins, nous nous serions cru coupable d’omettre quoi que ce soit dans nosopérations. Nous avons conscience cependant de n’avoir rien montré-d’inutile, et noussommes assuré d’avance de l’assentiment de nos lecteurs. ; -

Le cabinet des Muses est éclairé par deux fenêtres dont les volets, comme ceux dela galerie, sont ornés d’arabesques peintes (voy. planche XXIII :. Ces fenêtres donnentsur le jardin de la terrasse; trois glaces fixées dans un riche cadre doré, terminé en

ment sa femme, et vivait dans la plus étroite union avec ses trois frères Pierre, Philippe et Antoine, et son beau-frèreThomas de Goussé, qui tous lui étaient des élèves et des collaborateurs.

Le Brun, rival de Le Sueur et son ennemi peut-être, bien qu’à cet égard il ne soit jamais tombé dans les excès accu-mulés comme à plaisir dans les écrits des chroniqueui’s et des romanciers, naquit à Paris en 1619, et mourut dans la mêmeville en 1690. Au point de vue de son métier, il eut une enfance merveilleuse qui trahissait par mille indices que le talentchez lui n’attendait pas l’âge. Protégé par le chancelier Seguier, et placé par ses soins dans l’école de Simon Vouet , puisenvoyé à ses frais pour étudier les maîtres en Italie , il se lia d’amitié avec Poussin et reçut de lui des conseils qu’il ajoutaaux inspirations venues de la contemplation assidue des tableaux de différentes écoles, et surtout de ceux du Carrache.A peine rentré en France , il vit arriver à lui les commandes et les honneurs. Une inépuisable fécondité, la noblesse desconceptions, la science du costume, des attitudes bien choisies et bien contrastées, et des airs de tête vraiment gracieux,faisait oublier dans ses tableaux, aux yeux des contemporains, une certaine uniformité de style, une exécution molle,un dessin lourd et un coloris rougeâtre et sombre. Au comble de la faveur, il exerça sur les arts un long et dur despotisme,mais il leur rendit de nombreux services, et en particulier il dota la France d’une de ses institutions les plus honorables,l’école française de Home où, pendant plusieurs années, des jeunes gens recommandables par leurs talents ont les loisirsnécessaires pour étudier, aux frais de la nation, les tableaux accumulés à Rome et dans les villes italiennes. Il fut directeurde l’Académie et directeur des Gobelins. Pendant toute la vie de Colbert, il jouit de la faveur de Louis XIV. Mais Louvois ,l’ennemi de Colbert et l’adversaire de tous ceux qu’il avait protégés, opposa Mignard à Le Brun , et celui-ci vit s’éloignerle roi et les courtisans. Son œuvre est immense. 11 travailla à Paris dans l’église de la Sorbonne, dans celle de Notre-Dame,aux Carmélites de la rue Saint-Jacques, dans l’église Saint-Paul, dans celle du Sépulcre, aux Capucins du faubourg Saint-Jacques, dans la chapelle du séminaire Saint-Sulpîce, dans celle de Saint-Nicolas .du Chardonnet, à Saint-Germainl’Auxerrois, dans la chapelle du collège de Beauvais, au couvent des religieux de Picpus et dans les salles de l’hôpital dela Charité. On connaît surtout ses bataille3 d’Alexandre qui sont au Louvre ; il travailla à la galerie d’Apollon et décora lamaison de Mansart, l’hôtel Lambert, le château de Sceaux, celui de Vaux le Yillars, et la chapelle du château de Villeneuvele Roi. Il avait aussi profondément médité sur son art, et il consigna ses réflexions dans deux traités intitulés, le premier,De la Physionomie, et le deuxième, Les Caractères des passions. : ‘ ' •