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Tome troisième.
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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

IX.

Deux choses nous restent maintenant à visiter : la chambre des Muses et le cabinet debains connu sous le nom de cabinet de Voltaire . Voyons d’abord la chambre des Muses :nous n’aurons pour cela qu’à traverser, en sortant de la galerie, deux vastes pièces enA et en B du plan, autrefois deux salons sans doute, et nous serons dans ce merveilleuxcabinet, d’une conversation parfaite, mais où il manque une chose cependant : lestableaux qui lui ont fait donner son nom.

La chambre des Muses se nomma d’abord chambre à Vitalienne . Le Sueur voulut yreprésenter Apollon et les neuf soeurs. Il consacra le plafond au triomphe du dieu dela lumière et des arts, et cinq tableaux de forme carrée reçurent les Muses et leursattributs. La peinture du plafond, elle aussi, n’est plus en place, et c’est à bien des égardsun fait extrêmement regrettable. Une chose vient cependant calmer le regret que toutvisiteur éprouve en voyant les cadres vides ou remplis par des motifs indignes de cesemplacements vénérables : c’est la possibilité de voir au Louvre, en sortant de l’hotel,ces chefs-d’œuvre d’un artiste de génie : et, il est peu de visiteurs, nous en sommescertain, à qui cette pensée ne soit venue.

Le plafond de la chambre des Muses est d’une ordonnance magnifique et digne desplus grands maîtres. Il représente Apollon dans son palais. Phaéton vient lui demanderde conduire son char que les Heures sont en train d’atteler ; Apollon acquiesce à cesvœux, et lui met sur la tête sa couronne de lumière. L’Aurore, ailée et munie d’unflambeau, devance le dieu du jour avec le Temps qui opère sa course avec rapidité;au-dessous se voient les Saisons, tandis qu’au côté opposé est représenté l’antre d’Éole

sont au Louvre est de 146, Il fut d’abord élève de Simon Vouet , et peignit quelque temps dans sa manière ; mais bientôt ilse forma lui-même sur le modèle qu’il avait dans l’âme. Il n’a jamais vu l’Italie , il a seulement connu quelques fragmentsde l’antique, quelques tableaux de Raphaël , et les dessins que lui envoyait Poussin. C’est avec ces faibles ressources et guidépar un instinct heureux, qu’en moins de dix ans il monte par un progrès continu jusqu’à la perfection de son talent, etexpire au moment où, sûr enfin de lui-même, il va produire de nouveaux et plus admirables chefs-d’œuvre. Il a été sanscesse ajoutant à ses qualités essentielles qu’il doit à son propre génie et au génie national, nous voulons dire la compositionet l’expression, les qualités qu’il avait rêvées ou entrevues, un dessin de jour en jour plus pur, et déjà même du coloris.Son style chaste et gracieux, sa naïveté exempte de convention et d’imitation rétrospective, son geste sobre et expressif,enfin la délicatesse et l’abondance de ses idées, lui assignent un des premiers rangs, non-seulement dans l’école française,mais parmi les maîtres qui font la gloire des autres nations. Indépendamment des tableaux énumérés dans le courant de lamonographie, et de l’immense composition de saint Bruno, le musée du Louvre possède encore les suivants : l’ange duSeigneur apparaît dans le désert à Àgar ; le père de Tobie donnant des instructions à son fils ; la Salutation angélique ; Jésusportant sa croix; la descente de croix; Jésus apparaît à la Madeleine sous la figure d’un jardinier; saint Gervais et saintProtais, amenés devant Astasius, refusent de sacrifier à Jupiter; prédication de saint Paul à Ephèse ; martyre de saintLaurent ; apparition de sainte Scolastique à saint Benoît ; la messe de saint Martin, évêque de Tours ; Ganymède enlevé parJupiter ; réunion d’artistes. En Angleterre, dans les collections particulières, on trouve : la reine de Saba devant Salomon ;le Christ au pied de la croix, soutenu par sa famille ; la Madeleine répandant des parfums sur les pieds de Jésus-Christ ; unemort de Germanicus ; Alexandre et son médecin. À Berlin : un saint Bruno adorant la croix dans sa cellule. À Saint-Pétersbourg : au moins un Moïse exposé sur le Nil. En Bavière : Jésus-Christ chez Marthe et Marie; et saint Louis, à genoux,entendant la messe. A Bruxelles : le Sauveur donnant sa bénédiction. Et dans les musées de Grenoble et de Montpellier ,quelques fragments de l’histoire de Tobie.

On a répandu sur Le Sueur un grand nombre de fables. Nous n’avons pas l’intention de les énumérer et de les réfuterune à une ; nous leur répondrons à toutes en énonçant les faits qui suivent. Le Sueur n’est pas mort aux Chartreux, maisen l’île Notre-Dame où il demeurait, sur la paroisse Saint-Louis, et il a été enterré dans l’église Saint-Étienne du Mont.Il est mort avant sa femme, Geneviève de Goussé, dont il eut quatre enfants. Il était pauvre, sage, pieux, aimait tendre-