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Tome troisième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE,

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raie, soit à celle du département. Le nom de ce fondateur et celui de la personne qui àcette heure est propriétaire de la jolie résidence du xvn e siècle, voilà les seuls renseigne-

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ments immédiats, intimes, qu'une visite à Wideville nous a permis de recueillir. Lapersonne qui la possède actuellement est la marquise de Rongé. Le grand personnagequi l’a bâtie, nous l’avons dit plus haut, c’est le surintendant des finances, Claude deBullion , seigneur de Eonnelles, marquis de Gallardon, homme d’État et diplomate.

Disons quelques mots de cet homme éminent.

III.

En parlant de M. de Bullion, nous croyons bien faire de placer au début une anecdoteoriginale, qui peindra à la fois le surintendant et son époque : on y verra le galant hommemêlant la grâce et l’esprit à la munificence ; on y verra aussi des habitudes de mendicité,se révélant d’un trait vif, jusque dans les classes les plus élevées, et expliquant des faitscommuns alors, aujourd’hui extrêmement rares. Nous assisterons, si le lecteur y consent,à un dîner, à une fête donnée par le surintendant. Les seigneurs et les dames attendentque le maître de la maison ait donné le signal de se diriger vers le festin : ce signal estdonné et chacun se place suivant sa dignité. Mais quelle dut être la surprise générale,lorsque, en levant sa serviette, pour la déplier, chaque convive voit dans son assiette desmonceaux de louis d’or, brillants et neufs, disposés en pile et prêts à être mis en poche.Pour nous, gens du xix e siècle et en ayant naturellement les tendances, si un pareil faitse produisait devant nous, nous sentirions le rouge nous monter à la figure, et nous regar-derions notre hôte afin de savoir s’il a voulu nous offenser. Mais, on s'en doute, les gensdu xvii® siècle, les convives du surintendant n’eurent garde de se montrer insultés. Cesgrands seigneurs et ces belles dames jetèrent à l’envi des cris d’admiration, remercièrentM. de Bullion et louèrent sa munificence. Les assiettes de louis passèrent toutes dans lespoches, sauf quelques-uns que l’on garda en main et que l’on se montrait comme unecuriosité. C’est qu’en effet, pour la première fois dans l’histoire des monnaies, ce jour-làon voyait des louis d’or. Le surintendant, à l’insu de tous, les avait inventés, et,en homme d’esprit et en galant homme, il pensa que le meilleur moyen de donner crédità sa nouvelle monnaie, était de la répandre dans le public par la main des hommes titréset des grandes dames.

Ce récit nous fait voir au vrai ce qu’on avait alors de délicatesse : chacun recevait d’unplus riche que soi, non d’une façon déguisée, au moyen de ce que nous nommons uncadeau, un objet curieux ou d’un grand prix, mais du métal monnayé, des espèces son-nantes et ayant cours. Autrefois aussi, les manieurs d’impôts, surtout les surintendants,dilapidaient effrontément les finances. Où M. de Bullion prit-il cet argent ? Dans sacassette ? Ce n’est guère à croire : la somme était trop forte, et puis, la fortune de l’Étatet celle du surintendant n’était-elle pas souvent la même ; Mazarin et Bouquet l’ont bienprouvé ; aussi leurs richesses étaient immenses. Il est douteux que Bullion, malgré toutson mérite, ait échappé à l’entrainement. Après tout, en y pensant, ne nous montrons