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Tome quatrième.
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ANCIEN CHATEAU D’ÉCOVILLE

A CAEN

XVI e SIÈCLE

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Le vallon où se dresse la ville de Caen forme un heureux ensemble de masses de ver-dure et de lignes architecturales. Les maisons amoncelées en suivent les mouvements etles ondulations, puis se relèvent et montent lentement avec les coteaux qui les limitent.Çà et là d’énormes tours dominent certains quartiers, ou bien, se dressant au-dessus destoits les plus élevés, des flèches légères projettent leurs pointes aiguës qui percent lesnuages. Au côté nord, dans un bassin de granit, au milieu d’arbres séculaires, de nom-breux vaisseaux reposent sur leurs ancres, des bateaux à vapeur exhalent leur fumée,et des chalands, des trois-mâts, glissent sur les canaux entre des rangées d’ormes et deplatanes.

« Toutes les pierres de Caen me deviennent comme autant de chroniques », a dit unhistorien anglais . Ce mot, si vrai au point de vue historique, est vrai aussi au point devue architectural. 11 faudrait plusieurs volumes pour apprécier, comme ils le méritent,les édifices religieux seulement. C’est par là surtout que la ville de Caen se recommandeaux voyageurs, aux archéologues et aux artistes. Nulle part la pensée chrétienne ' ne s’estrévélée avec plus de magnificence, et tous les styles s’y rencontrent, depuis le romansévère des Normands du xi e siècle jusqu’à l’architecture éminemment moderne despères jésuites .

Mais l’architecture religieuse n’est, pas le seul embellissement de l’Athènes de la Nor-mandie. Caen a été de tout temps la ville des grands hôtels, des manoirs superbes, desmaisons curieuses; longtemps l’architecture et la sculpture s’efforcèrent, commeàl’envi,d’orner et d’embellir les habitations seigneuriales et bourgeoises. « Chacun, dit M. Tré-butien dans son savant ouvrage sur la ville de Caen , chacun voulut imiter la magnificencedes souverains, et l’on vit s’élever un grand nombre de constructions élégantes ornéesde statues, de colonnes, de péristyles, d’arabesques et de tourelles ; le bois ou la pierrey furent indistinctement employés, selon la fortune ou le goût du propriétaire ou le plusou moins d’abondance des matériaux. C’est de ce temps seulement (la renaissance) quedatent les monuments de bois que l’on trouve encore à Caen , non point dans leur étatprimitif de splendeur, mais à demi ruinés, défigurés par des démolitions partielles, demodernes additions, et souvent abandonnés à quelque ignoble usage. »

IV.

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