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Tome quatrième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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étage, de chaque coté d’une fenêtre plus étroite que ses voisines, et au sommet delaquelle nous retrouvons en forme de dais une Jérusalem céleste. A droite du passagese voit, au rez-de-chaussée et à l’étage, une fenêtre à meneau moins large que cellesde la façade qui fait face. A droite, nous avons à signaler l’existence de deux ouverturescintrées d’une belle proportion, qui éclairent une logo peu différente de celles dont nousavons parlé déjà : celle-ci toutefois n’existe qu’au rez-de-chaussée. Vient ensuite l’escalierde service , accusé à l’intérieur par une toiture élancée se posant sur une tourellecarrée qui dépasse la corniche supérieure. L’escalier est éclairé par une série de petitesouvertures fort ornées, très-gracieuses, et au milieu desquelles nous lisons cette belledevise tirée de Virgile : LABUll—JMPROBYS—OMNIA—VINGT,

Les deux lucarnes qui se dressent sur le comble de ce corps de logis sont petites etmaigres ; mais prises isolément, très-jolies et très-élégantes pourtant.

Nous voici devant la façade aux statues guerrières, et dont la présence offre unecertaine corrélation avec le Fidèle et le Véritable de LApocalypse sculptés jadis à lafaçade extérieure. Mais pourquoi voyons-nous dans leurs admirables niches ces deuxpersonnages historiques qui l’un et l’autre se sont servis du glaive ? David et Judithtenant en main, l’un la tête de Goliath, et l’autre celle d’Holopherne, ont-ils ici une signi-fication réelle 1 Nous n’osons le croire , en vérité. Devant leur image imposante etredoutable, nous avons peine à oublier le Priape de la lanterne, et ne doit-on pas direque l’hôtel d’Ecoville, véritable chef-d’œuvre d’architecture, est la confusion même ausujet des motifs iconographiques qui entrent dans sa décoration.

Il esta peu près impossible de juger aujourd’hui sur place de la beauté de ce côté dela cour. Nous avons dit que les six fenêtres montrées par notre gravure sont maintenantréduites à trois. Nous ne savons à quelle époque, c’est-à-dire sous quel règne cette muti-lation regrettable a été opérée : les gens du premier empire pourraient bien être lescoupables, mais nous n’oserions l'affirmer ; peut-être aussi faut-il faire remonter ce crimearchitectural jusqu’à la tin du règne de Louis XV . Toujours est-il que cette belle façadeest défigurée aujourd’hui et hors de proportion avec ses voisines. Tout le rez-de-chausséeest par bonheur resté intact, ou, pour être plus exact, à peu près intact, car nous allionsoublier de signaler l’absence des riches meneaux des fenêtres ; seulement ces fenêtres,un peu trapues dans l’origine, ont été démesurément agrandies par le haut et ouvertesjusqu'à la base des colonnes de Tordre du premier étage ; puis celles de l’étage ontété complètement supprimées et remplacées par une décoration banale. On voit d’ic-icombien nos regrets sont justifiés. Messieurs les négociants de la ville de Caen se sonttaillé peut-être, dans l’ancien hôtel seigneurial , une assez belle salle pour leursréunions ; mais à quel prix possèdent-ils cette salle immense, tache monstrueuse dansl’édifice ?

Cette façade est donc occupée au rez-de-chaussée par trois fenêtres semblables à cellesdes autres corps de logis et séparées par deux trumeaux où sont creusées deux nichescontenant, Tune la statue de David, vainqueur de Goliath, et l’autre la statue de Judith :ces statues reposent sur un socle d’une grande pureté (voy. fig. 12), orné de feuillages

IY.