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Tome quatrième.
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MAISONS A ROUEN

XVI e ET XVII e SIÈCLES

I

Un érudit éminent. M. de La Guerrière, avait publié, en 1821, un volume intitulé :Description des maisons de Rouen les plus remarquables par leur décoration extérieure etleur ancienneté ; vingt ans après, il en publiait un deuxième consacré au même sujet, et ilconstatait que « depuis quinze à dix-huit ans, la physionomie extérieure de la ville deHouen avait totalement changé ». Que dirait-il à présent si, en 1866, plus de vingt annéesencore après, il était là pour écrire un troisième volume ? On connaît, en effet, les projetsdu conseil municipal, projets arrêtés en 1860 et déjà en grande partie exécutés. Mis enéveil par les travaux parisiens et piqué d’émulation par les villes de province qui ontporté l’air et l’espace dans les quartiers déshérités, il a résolu de se placer à la hauteurde ces progrès modernes et de renouveler la face de la cité. En vertu de conventionspassées avec deux architectes, plus de mille maisons ont du être abattues pour faire placeà deux larges rues traversant la ville dans son centre, en se joignant à angles droits.Une foule d’opérations secondaires rattachées à cette opération principale, sont destinéesà la compléter : elles ajouteront encore aux démolitions par la suppression de vieillesdemeures qui devront précéder rétablissement de squares, l’élargissement de plusieursrues et places déjà existantes, la création de voies nouvelles d’une largeur moins consi-dérable, et l’isolement des principaux édifices.

Mais ces travaux si utiles feront tomber une foule d’édifices et de maisons extrême-ment précieuses comme architecture, comme décoration. Ainsi la rue de l’Impératrice,une des deux voies principales, fait disparaître en totalité l’église Saint-André, excepté latour qui, à l’imitation de la tour Saint-Jacques à Paris , sera restaurée et entourée d’unegrille ; trois autres églises ont eu le même sort. Si des monuments aussi considérables ontdû être sacrifiés pour laisser la place libre aux travaux de l’édilité moderne, quel sera lesort d’une multitude de constructions moins importantes, il est vrai, par les dimensions,mais intéressantes par l’élégance, par la richesse, par l’originalité dont elles étaientempreintes ! La municipalité rouennaise l’a si bien senti, que tout en abandonnant auxentrepreneurs les maisons placées sur le parcours des voies à ouvrir, elle en a réservéquelques-unes pour lesquelles elle a pris une décision exceptionnelle : ces maisons ontété démolies pièce à pièce, numérotées et emmagasinées en attendant que le jardin del’hôtel de ville, agrandi et modifié, puisse les abriter dans son enceinte.