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Tome quatrième.
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34 PALAIS. CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

Nous n’avons pas l’intention d’énumérer toutes les maisons de Rouen qui ont ou quiont eu droit à l’intérêt de l’artiste ; elles sont en très-grand nombre, voilà ce que l’onpeut affirmer. Nous signalerons cependant, et à tout hasard, quelques-unes de ces mai-sons (1) : d’abord, le n° 17 de la rue du Bouvreuil, puis le n° 4 de la rue de la Croix deFer, où quatre bas-reliefs décorent une grande et somptueuse cheminée de la Renais-sance ; le n° 30 de la rue Damiette, connu sous le nom d’hôtel de Senneville et bâti versla fin du xvi e siècle : il offre dans les lignes architecturales et dans la décoration sculptéeun charme qu’on rencontre rarement dans une habitation de cette époque.

Nous passons des édifices et des meilleurs ; ne vaut-il pas mieux, en effet, renvoyer noslecteurs aux deux volumes si précieux de M. do La Querriôre ? Là seulement ils pourrontse faire une idée exacte de la richesse architecturale du vieux Rouen , remplacé à cetteheure par une ville nouvelle, mais non pas « sans histoire », comme dirait M. Veuillot.

Un édifice que tout le monde a vu, que tout le monde connaît et, pour ces raisons,difficile à passer sous silence, c’est le logis connu sous le nom d’hôtel du Bougtheroulde,situé place de la Pucelle, à l’encoignure de la rue du Panneret. Cette demeure, une desplus curieuses qui existent en France et peut-être en Europe , a été commencée vers lafin du xv e siècle par Guillaume Le Roux , seigneur du Bougtheroulde, qui vivait en 1486,et terminée par son fils Guillaume, abbé d’Aumale et du Yal Richer, qui fut employé àla négociation du Concordat. Il ne faut pas se hâter de juger cette construction dudehors. Yue ainsi, elle a le sombre aspect d’une masse grise et nue, sans autre décorationqu’une tourelle en encorbellement. Elle est bien déchue de ce qu’elle était autrefois ;aussi faut-il se hâter de pénétrer dans l’intérieur de la cour, où l’on se trouve en pré-sence d’une des plus étonnantes choses de la Renaissance. Nous voulons parler de lagalerie décorée des bas-reliefs bien connus qui représentent, au camp du Drap d’or, l’en-trevue de Henri YIII et de François I er . Cette frise admirable, divisée en cinq parties,est d’une importance réelle pour les savants et les artistes, sous le rapport du fait histo-rique et sous celui des costumes reproduits avec une grande fidélité.

Abordons maintenant les trois maisons rouennaises qui font l’objet de cette mono-graphie.

II

Le premier de ces édifices est situé rue Saint-Patrice et appartient présentement auxpères Jésuites . Tant qu’il demeurera en leur possession, il sera préservé, nous n’endoutons pas, de toutes modifications graves, propres à altérer son caractère ou sa déco-ration. On sait que les Jésuites ont toujours professé un certain goût pour les beaux-arts, et l’on ne doit avoir aucun regret de voir l’hôtel de la rue Saint-Patrice devenuleur propriété et habité par eux. Cet hôtel n’est pas précisément une belle chose : cepen-dant il mérite, à plus d’un titre, l’intérêt des artistes et des architectes. Erigé sous le

(1) Nous donnons ces renseignements très-probablement en pure perte : il est à croire qu’au moins un grand nombredes maisons que nous désignons ont disparu au moment où nous écrivons ces lignes.