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Tome quatrième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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qui avaient à répartir les impôts de la province et à juger les réclamations, le nombred’années qu’ils sont restés en charge et leurs décisions plus ou moins graves en matièrede finances. Mais ces détails auraient un intérêt par trop minime. Aussi nous préféronslaisser dormir sur les rayons des bibliothèques et dans leur poussière érudite une histoirese rapportant exactement à l’hôtel en question, mais au fond, croyons-nous, très-peuutile à connaître.

On nommait primitivement un bureau le lieu où se réunissaient les juges pour délibé-rer. Il était séparé du reste du prétoire par de grands rideaux de bure, d’où l’on a faitle mot bureau. Ce sens primitif s’est conservé pendant longtemps. Ainsi, la chambre descomptes se divisait en plusieurs bureaux. A présent encore, nous avons le bureau deslongitudes, à l’Observatoire de Paris . Quant au mot généralité, il signifiait une circon-scription financière de l’ancienne France .

Le bureau des finances de Normandie demeura installé dans le local assigné à Georgesd’Amboise, jusqu’au moment où la révolution de 1789 changea tout en France , institu-tions, moeurs, habitudes. Le bâtiment devint alors propriété nationale : il fut vendu à desparticuliers, et, apres avoir dû à sa destination de rester intact et parfaitement conservépendant près de trois cents années, eut à subir les aventures habituelles à une foule demaisons et d’édifices remarquables depuis plus d’un demi-sècle. Nous en avons despreuves qu’on ne saurait trop déplorer.

Si l’on compare aujourd’hui avec attention l'ensemble et les parties de l’édifice, onremarque l’absence des meneaux aux fenêtres du premier étage ; à la Renaissance, d’aussivastes ouvertures, privées de meneaux, eussent été un non-sens architectural, aussi leurexistence antérieure n’est-elle pas douteuse (1); on retrouve non-seulement la trace deleur pénétration dans les embrasures, mais une partie des meneaux eux-mêmes estdéposée dans une des salles du Musée. On détruisit en 1823, nous dit M. de La Querrière,la seule fenêtre qui restait intact (2). Les meneaux sont ornés d’arabesques, d’une exé-cution vraiment remarquable. Ilélas ! le merveilleux hôtel de la Renaissance n’est pasprivé seulement des meneaux des fenêtres et des lucarnes des combles : les nombreusesstatues qui peuplaient les niches disposées dans les pilastres ont disparu aussi ; tout lerez-de-chaussée a été modifié et dénaturé, et bien d’autres parties, notamment la tou-relle en encorbellement dont nous parle M. de La Querrière, font présentement défaut.

En présence des deux gravures que nous montrons, toute description du vieil hôtelest à peu près superflue. A quoi bon, en effet, signaler des beautés décoratives, desrichesses de bon goût, des arrangements heureux dont le lecteur constatera mieux quenous le mérite? Nous dirons toutefois que, parmi tous les édifices de la Renaissance qui sontparvenus jusqu’à nous, il en est peu qui soient aussi fabuleusement ornés. Aucune partien’a été délaissée, sacrifiée par le ciseau du sculpteur; l’œil du spectateur se promène

(1) Dans notre gravure, nous rétablissons ces meneaux dont la trace existe partout. Nous restituons aussi les boutiquescintrées du rez-de-chaussée dénaturées à cette heure. Mais nous n’avons pas voulu, par exemple, rétablir le comble dela maison et les lucarnes qui devaient l’orner; comme il ne reste rien absolument de cette partie de l’édifice, on com-prendra notre hésitation.

(2] Description historique des Maisons de Rouen .

IV.

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