DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
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ouvertures éclairaient la boutique. Cette partie de la maison est fort simple. Le premierétage, conçu d’une façon assez rustique, mais correcte, montre une disposition que noustrouvons répétée identiquement aux deux autres étages; les ornements, c’est-à-dire ladécoration, est seule différente.
La façade, du haut en bas, est divisée en deux parties : dans chacun des cotés sontpercées trois fenêtres ou plutôt une triple fenêtre divisée par des trumeaux faisantpresque office de meneaux. L’ouverture centrale, encadrée de moulures à crosscttes, estcouronnée par un fronton surchargé de lourds claveaux. Dans les deux montants quiservent de cadre à toutes ces ouvertures, on voit une série de bossages taillés en pointesdo diamants, et, pour ainsi dire, fixés là comme autant d’énormes clous ; des masqueshumains et des plaques saillantes sont disposés au-dessus des petites ouvertures.
Le deuxième étage, parfaitement semblable de lignes et de dispositions générales,varie du premier par la finesse des moulures, par un fronton moins lourd et plus ornéaux ouvertures centrales, et par des cartouches placés à droite et à gauche des frontons.Quant au troisième étage, il nous montre, au milieu d’une ornementation délicate, surles rampants des frontons dont le centre est occupé par de vigoureux culots de feuillages,quatre ligures allégoriques, dans lesquelles il est facile de reconnaître les vertus cardi-nales. La Prudence tient en mains un miroir et un serpent, la Tempérance vide unecoupe d’eau, la Justice porte les balances qui sont son attribut principal; puis vient laForce, dont l’état de vétusté était tel que ses attributs n’étaient plus visibles.
L'étage supérieur ou du comble possédait deux jolies lucarnes de bois, décorées d’épis,et une souche de cheminée extrêmement simple. En résumé, plusieurs choses sont àsignaler dans cette façade ; d’abord, sa régularité absolue, régularité qui produit unexcellent effet ; puis le grand nombre d’ouvertures dont elle est percée et qui ferait volon-tiers croire à une destination particulière de l’édifice; enfin, les nombreuses assises sail-lantes et pointes de diamants dont elle est couverte. Mais tout cela, n’hésitons pas à ledire, était arrangé et disposé avec goût, avec une symétrie de bon aloi, avec une sobriétérelative qui faisait de cette maison une des belles constructions du commencement duxvn e siècle, élevées dans la ville de Rouen (voyez planches 5 et 6). La disparition de cettemaison est donc un fait très-regrettable et que nous déplorons pour notre compte.
Nous n’avons sur la maison de la Grosse-Horloge aucun renseignement, aucun docu-ment historique. L’érudit patient que nous avons cité plus d’une fois dans le cours de cetravail en dit fort peu de chose dans le premier volume de son ouvrage, pourtant siriche de faits et de détails, et dans le second volume, où il reprend une à une les maisonsdont il a parlé, il ne lui accorde pas même une mention.