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Tome quatrième.
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CHATEAU DE JOIGNY

XVII e SIÈCLE

I.

La ville de Joigny a plus d’une illustration. Pour certains bas Bourguignons, ellerappelle un excellent vin, celui de la côte Saint-Jacques. Ce coteau est situé en effetsur les escarpements de la colline de ce nom ; son vin rivalise avec celui d’Auxerre , etfait souvent oublier que Joigny , chef-lieu d’arrondissement, peuplé de sept mille habitants,produit bien d’autres choses. Pour le touriste, la ville a un autre mérite : elle offre auxregards un de ces merveilleux paysages que l’on aime à contempler, et qu’une fois rentréau foyer domestique, on retrouve avec plaisir au fond de sa mémoire. Déjà des bords del’Yonne , rivière endormie au pied de la colline, on a devant soi, charmant tableau,une ville étagée sur un fond de verdure et surmontée d’une construction imposante,derrière laquelle se trouve la silhouette d’une église. Mais du haut de la colline lespectacle a un tout autre caractère, il est grandiose et d’un calme imposant : à droite,à gauche, auprès, au loin, la vallée de l’Yonne étend son vaste panorama, formé decoteaux, de prairies, do forets immenses à l’horizon. En opposition avec ces richesses dela nature, on voit au milieu et à ses pieds les produits de l’activité humaine : la villed’abord, qui descend au bord de l’Yonne et la franchit par un faubourg; puis, sur larivière, un pont de pierre, et enfin un beau quai, avec esplanade.

Joigny possède une troisième illustration, et celle-ci s’adresse aux artistes et auxarchéologues. Ce sont ses monuments, c’est-à-dire ses églises, son château et ses nom-breuses maisons de bois. Avec les idées qui commencent à prévaloir partout maintenant,idées administratives préoccupées de la ligne droite et des surfaces entièrement planes,Joigny doit paraître ville peu agréable et peu digne d’éloge. En effet, on ne gravit passans peine ses rues‘étroites, tortueuses, escarpées, dont quelques-unes seraient impra-ticables, si le long des maisons ne se trouvaient des rampes de fer. Mais Joigny plaîtbeaucoup aux artistes : ils y voient des témoignages assez nombreux de l’art d’une autreépoque, et ces témoignages sont d’autant plus intéressants, que dans bien des villes donotre pays on tend journellement à les supprimer, afin de rectifier les rues et d’enadoucir les pentes. Avant peu, au point de vue de l’architecture civile et domestique, lesarts du passé risquent de n’exister plus que dans les livres et les recueils. Les maisonssi curieuses du vieux temps ne seront plus qu’un souvenir; et au lieu de pouvoir s’en

inspirer en les étudiant sur place, et en subissant l’impression si forte et si féconde

il

IV.