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Tome quatrième.
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46 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

A l’extérieur, et bien que le château ait souffert, il n’en sera pas de meme. On ytrouve un parti pris de décoration qu’il est bon de ne pas passer sous silence. Ce modeconsiste à avoir un fond général entièrement piqué par un travail spécial et quelquefoisvermiculé, sur lequel s’enlèvent les lignes principales de la décoration, c’est-à-dire lesmoulures, les pilastres, les entablements et corniches, etc., etc. Nous vovons ce système,que nous appellerions volontiers « coloration architecturale », appliqué sur les façadesdu côté de l’Yonne seulement. II faut en conclure que voulant produire de l’effetpar ces constructions, imposantes comme dimensions, on a voulu que de l’autre côtéde la rivière on pût saisir la décoration de l’édifice et non sa masse seule. En effet, àune distance d’un kilomètre et souvent à une distance moindre, les détails d’architectures’amoindrissent et s’effacent considérablement ; on ne voit plus que les grandes lignesfortement accusées, les lignes maîtresses et les ouvertures. En homme de sens et enhomme de goût, l’architecte du château de Joigny (un coloriste du temps) voulut évitercet inconvénient ; il voulut voir son oeuvre produire à distance l’effet désirable, et il attei-gnit son but en dessinant en quelque sorte en lumière les ordres divers employés dansses façades.

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Fig. 2.

Fig. 3.

Dans le pavillon (voyez planche I), nous remarquons deux modes de piquage de lapierre : dans les fonds ordinaires, le travail est obtenu par un semis à peu près régulieret peu profond, mais entre chacun des pilastres le travail est disposé en forme d’écaillessuperposées, relativement assez saillantes (voyez fig. 3). Dans le bâtiment central, ce sontles dessins vermiculés qui dominent.

Le soubassement entier du pavillon est des plus simples ; une simplicité brutale, maisrationnelle, qui forme un heureux contraste avec la décoration des étages. Ici nousvoyons des pilastres accouplés supporter un entablement orné de triglyphes. Cettedisposition se répète aux étages supérieurs, seulement les ordres changent et les pilastresdiminuent. De grandes fenêtres sont percées dans l’axe du pavillon, tandis que de chaquecôté sont ouvertes d’autres fenêtres, d’une dimension moindre, surmontées d’un oculus oud’une seconde ouverture. L’appui des ouvertures du premier étage est orné d’un cadresculpté où l’on remarque les grecques ou ornements courants montrés figures 4 et. 5 (1).

(1) La figure 6 montre un profil de l’ordre du premier étage, avec amorce de l’ordre adopté au deuxième, et la figure 7une coupe faite sur les petites fenêtres surmontées d’un oculus.