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Tome quatrième.
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52 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

a produit beaucoup de grands hommes et s’est imposé depuis trois siècles à l’attention despolitiques et des littérateurs : nous voulons parler de la Savoie . Les de Maistre ont dûsurtout leur renommée à un genre de talent qui en avait fait de véritables Français bienavant l’annexion, celui d’écrire. Les de Maistre sont deux frères de valeur très-différentemais également connus. L’un, robuste et fougueux, véritable Bossuet ultramontain,moins le grand sens, la sobriété et l’exquise élégance, a des éclairs de génie ; dans unlangage emprunté tout entier au xvnff siècle, il a émis des pensées que l’on admire ouque l’on déteste, selon que l’on admire ou que l’on combat le point de vue particulier àla papauté romaine. Le deuxième de ces deux frères n’est pas exposé à ces vicissitudes :il n’a pas sans doute écrit les volumineux ouvrages de son aîné ; il n’a pas eu des vues degénie ou des paradoxes approchant du génie ; mais il a de charmants détours où ontapparu sous ses pas des Heurs peu nombreuses, mais toujours aimées, de sentiment, derêverie piquante et ingénieuse : il a réuni tous les suffrages ; on est séduit par son esprit etses grâces, et avec des dons moins puissants, moins nombreux que son aîné, il sera plusheureux.

Voilà les titres à la célébrité présentés depuis cinquante années par la famille à laquelleappartient le château de Beaumesnil. Ceux qu’elle présente aujourd’hui sont inférieursou plus grands, selon que l’on admet ou que l’on n’admet pas la supériorité de l’éclat lit-téraire sur la beauté intérieure des vertus domestiques et chrétiennes. La famille ducomte Rodolphe semble avoir plutôt hérité du sévère théoricien des Soirées de Saint-Pétersbourg que de l’ingénieux rêveur qui. a esquissé Y Expédition nocturne et le Voyageautour de ma chambre. En un mot, le château de Beaumesnil est aujourd’hui, pour lespopulations environnantes, un modèle de dignité, d’humanité et de modestie chrétienne .

111 .

Le château seigneurial dont nous venons de retracer les principaux traits historiquesoffre cette particularité qu’il se trouve construit au centre d’une vaste pièce d’eau, aumilieu de laquelle il forme comme une sorte d’îlot majestueux (voyez fig. 1 , le plangénéral de l’édifice). Cette pièce d’eau entourant la construction 11e peut plus, à propre-ment parler, être désignée par le nom de fossé ; c’est plutôt un véritable petit lac auxcontours étranges, quoique symétriques, composés d’angles et de portions de cerclediversement combinés. A l’extrémité du terre-plein, en A du plan, nous voyons la cons-truction primitive, et de chaque côté, teintés en gris, les pavillons ajoutés après coup ;pavillons d’un style assez médiocre, beaucoup moins élevés que le reste de l’édifice, etdont l’existence s’explique par l’exiguïté des logements offerts par le bâtiment principal,malgré son sous-sol et ses trois étages. Tout près de là, en B du plan général, existeun labyrinthe d’addition toute moderne. Le parc s’étend de chaque côté et au loin dansle fond.

Si nous examinons le plan des constructions proprement dites (voyez planche I re ), nouspouvons remarquer, en effet, qu’avec la forme générale adoptée et les dimensions de