CHATEAU D’ARNAY-LE-DUC
XVI e SIÈCLE
I
Après un grand rôle dans l’histoire, le plus bel honneur d’une cité est de pouvoirmontrer de beaux édifices, églises, palais ou manoirs, qui la recommandent à l’attentionpublique. Aussi ne peut-on assez déplorer ce qui vient de se passer à Arnay, c’est-à-direla perte de son monument le plus important à tous égards. Le rôle historique de cettepetite ville de la Côte-d’Or est déjà fort minime : le chroniqueur le plus scrupuleuxn’a guère à enregistrer que des faits insignifiants durant les guerres civiles de làLigue et de la Fronde : il dira que la cité arnétoise se prononça fortement pour leprotestantisme, et qu’un jour elle assista du haut de ses murailles à une des batailles lesplus importantes de la jeunesse de Henri IY. Il dira aussi que, durant les guerres de laFronde, elle attira l’attention du parti royaliste et fut occupée étroitement à cause de sesliens avec la famille des Gondés qui y possédaient un domaine. Mais là s’arrêteront lesdocuments historiques, à moins que la ville d’Arnay ne veuille ranger dans ses fastes lasingulière querelle faite aux tantes de Louis XYI, au moment où elles traversaient laville pour se rendre à l’étranger. Il restait à la ville d’Arnay de se recommander par sesmonuments ; elle en possédait deux surtout dignes d’attention à différents titres : Lun,vieux manoir des temps féodaux rappelant, par sa masse et le caractère de ses lignes,les années violentes où il fut bâti ; l’autre, une des merveilles de la Renaissance, enayant la grâce et la richesse. Eh bien, ces deux édifices ne sont plus ou du moins lepremier seul se manifeste encore par un débris, une tour dont la partie inférieure sert deprison.
En 1361, Philippe de Rouvre, dernier duc de la première race (en pays bourguignon)étant mort sans postérité, la Bourgogne , dont la cité d’Arnay faisait partie, rentramomentanément sous la souveraineté du roi Jean, qui envoya pour gouverner et admi-nistrer le duché en son nom et place Jean de Melun, comte de Tancarville . Ce fut pen-dant cet interrègne, et par ce lieutenant du roi, que cession fut faite le 23 mars 1361,aux habitants d’Arnay-le-Duc, du château de la Motte-Forte et de ses dépendances,à charge de les réparer, défendre et entretenir (1).
11 eût mieux valu que cet abandon n’eût jamais eu lieu. En effet, le 1 er janvier 1363,les habitants d’Arnay font cession à Jean Dubourgdieu d’une partie de l’emplacement de
(1) Nous nous servons, pour la plupart de ces documents, de l’ouvrage de M. Lavirotte, intitulé : Annales de la vtlled'Arnay-le-Duc , imprimé en 1837 à Autun .
IV.
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