BU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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piteaux, les pilastres, les moulures garnies (Tores , de canaux et d’entrelacs ? Il estdifficile d’en faire l’évaluation et nous ignorons si les ouvriers sculpteurs de la Renais-sance étaient mieux exercés que ceux de notre temps ; mais il est certain que le devisd’une cheminée semblable atteindrait un prix assez élevé aujourd’hui ; aussi, à tort ou àraison, n’en fait-on plus !
Nous voyons dans les jambages ou pieds-droits de cet édicule un faisceau de colonnettesengagées au milieu de pilastres et de moulures feuillagées d’une finesse d’exécutionvraiment prodigieuse et, disons-le, peu à sa place, En effet, pourquoi disposer lesparties les plus fragiles, les plus anguleuses et saillantes, là où elles risquent d’être sanscesse atteintes par la brutalité des uns, par la maladresse des autres? Il y a là une sortede non-sens dans la conception de cette belle cheminée : puisqu’on voulait faire riche,puisqu’on voulait prodiguer la sculpture, ce que nous admettons parfaitement, n’était-ilpas d’autres places plus propres à recevoir cette ornementation fabuleuse ? Evidem-ment si : le manteau et la hotte offraient un vaste champ au ciseau de l’artiste, et lacheminée entière n’eût rien perdu à être simplifiée par la base ! elle eût pris par cettemodification décorative plus de vigueur, plus de force et de véritable élégance. Rienn’est parfait, on le voit, parmi les oeuvres humaines, et la belle cheminée d’Arnay,cheminée qui semble avoir été édifiée pour éclipser tous les monuments de ce genre,pèche à notre avis par la base. Iiàtons-nous d’ajouter que, pris isolément, les pieds-droits dont nous critiquons la profusion sont des modèles de sculpture, et nous n’avonspas hésité à les montrer à une grande échelle (voyez planche III).
À l'examen des plans gravés, planche II, on se rend compte du système de construc-tion adopté pour cette cheminée, de la saillie du manteau et des pieds-droits et de lacomplication des moulures de ces derniers. Ainsi dn pourra remarquer combien les colon-nettes en balustres qui existent devant chaque pilastre des pieds-droits sont saillantes ;et constater leur tangence avec un point des pilastres. Dans la vue géométrale, on peutsaisir l’effet général de la cheminée, mais maints détails de sculptures ont dû forcémentéchapper à notre burin : pour remédier à cet inconvénient, plusieurs parties de la che-minée vont trouver place dans le texte, présentées dans des dimensions relativementgrandes. De cette façon, les imperfections forcées de l’ensemble seront un peu cor-rigées. Ainsi, le champ des pilastres est orné d’arabesques extrêmement fines et com-pliquées que l'ensemble laisse à peine soupçonner. Tous ces pilastres sont variés ; maisl’ornementation présentant partout le même caractère, il nous suffira d’en montrer unseul avec sa base et son chapiteau (voy. figure 6).
La frise du manteau est le seul endroit que nous voyions privé de sculpture : nousavions cru d’abord qu’il avait été gratté à cause de certains emblèmes séditieux auxrévolutionnaires et qu’il aurait pu receler : mais en examinant avec soin, nousn’avons pu voir nulle trace de sculpture sous le badigeon ; la frise était complètement lisseet intacte, A son extrémité et à la hase de chacun des pilastres du manteau, on voit destètes humaines très-saillantes sortir de couronnes de feuillages et de fruits ; ce sont sur-tout ces parties qui ont eu à subir les accidents et les injures du temps.