I.
Le palais de justice de Dijon , situé derrière la place d’Àrmes, remonte en partie au règnede Louis XII . Ce prince donna les fonds nécessaires pour le bâtir, et il veilla lui-mêmeà ce que la construction ne fût pas indéfiniment ajournée. Voici à quelle occasion.
On sait que dans les premiers temps de la monarchie, et meme assez avant, en appro-chant des temps modernes, les cours de justice n’avaient pas de postes fixes : elles setransportaient de ville en ville, siégeaient dans les cités importantes, y résidaient uncertain nombre de jours, et y rendaient leurs arrêts au civil et au criminel. Ces époques,où les cours de justice passaient ainsi de localité en localité, se nommaient grands jours,ou jours généraux, appellation conservée dans le langage judiciaire après leur établis-sement à poste fixe, mais employée dès lors dans une acception différente. En effet, àpartir du xvi e siècle, ce mot fut réservé à des commissions extraordinaires qui siégeaientau nom du roi pour réprimer les désordres. Tels furent les grands jours du Poitou sousFrançois I er , les grands jours du Quercy et du Limousin sous Henri IV , et surtout lesgrands jours de Clermont sous Louis XIV , dont la réputation est due en partie au journalqu’en a laissé Fléchier.
Le parlement bourguignon fut établi par le roi Louis XL Sans compter celui qui sié-geait à Paris , et dont la fondation remonte aux dernières années du xm e siècle, il n’étaitpas le premier que l’on vît en France. En 1443, on avait eu le parlement de Toulouse ;en 1453, celui du Dauphiné ; en 1462, celui de Bordeaux ; enfin, en 1477, on vitLouis XI en établir un en Bourgogne .
Avant la conquête de cette province, la cour de justice siégeait en divers endroits, quise trouvaient assez en rapport, il est vrai, avec les besoins des localités. Ainsi, [pour leduché de Bourgogne, elle siégeait à Beaune ; pour le comté de ce nom, elle siégeait àDole, et à Saint-Laurent-lez-Châlon pour le comté d’Auxonne et les terres d’outre-Saône . Ses séances duraient quinze jours, un ou deux mois, suivant l’importance et laquantité des affaires.
« Après la mort de Charles le Téméraire, Louis XI , sur la demande des États de laprovince, établit par lettres patentes, données à Arras le 18 mars 1476, une cour etjuridiction souveraine pour y être tenue dorénavant et à toujours , dite, censée et intituléeparlement et cour souveraine ayant tous droits de souveraineté au lieu desdits grands jours. »
Suivant la pensée du nouveau maître, le parlement bourguignon avait été rendui v. 19