74 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
sédentaire, et il devait siéger dans la ville de Dijon . Les lettres patentes qui l’instituaientavaient été rendues en 1477 ; et cependant, en 1507, il siégeait encore à Beaune . Alorsil arriva ceci : le procureur syndic de la ville de Dijon fut envoyé auprès des juges, afinde protester contre cette longue absence, et de démontrer « qu’elle était aussi préjudi-ciable à la capitale de la province que contraire à l’esprit des lettres patentes » (1). Aumoment où les Dijonnais protestaient ainsi par l’organe de leur syndic et défendaientleurs intérêts menacés, disaient-ils, par l’éloignement prolongé du parlement, les habi-tants de Mâcon , appréciant, eux aussi, l’avantage alors très-grand d’avoir parmi eux unecour souveraine, travaillaient de leur côté auprès du roi Louis XII . Ils demandaientà ressortir au parlement de Bourgogne (ils appartenaient à celui de Grenoble ), et, enrécompense de cette faveur, ils offraient de bâtir un palais de justice nommé alors au-ditoire, et ils s’engageaient à y contribuer pour la somme de 10,000 livres, somme énormeà cette époque. En présence de ces manifestations, le patriotisme se réveilla au cœurdes juges et du président, menacés par les Mâconnais d’être entraînés loin du pays dontils étaient originaires et où ils avaient leurs biens et leurs familles. Ils déclarèrent que,suivant les lettres patentes édictées par Louis XI, Dijon resterait la ville parlementaire,et que désormais ils retourneraient et se fixeraient dans ses murs, mais à la conditionqu’un auditoire y serait bâti, auditoire suffisamment grand et commode, et en rapportavec la dignité d’une cour souveraine et le nombre toujours croissant des affaires. Afinde lever toutes les difficultés, le roi Louis XII s’offrit lui-même à en faire la dépense.
Il s’agissait de bâtir à l’intérieur de la ville, afin que le monument fût un embellisse-ment pour la cité : il fallut donc occuper un emplacement qui avait déjà une destinationparticulière, et qui, pour ainsi dire, avait eu son histoire. Ces temps antérieurs à laconstruction de l’édifice seraient intéressants à connaître ; on voudrait savoir ce qu’il aremplacé et si le terrain où il s’est assis était déjà occupé par des maisons ou par unédifice quelconque. A cet égard, il devient difficile de savoir la vérité ; les érudits nesont pas d’accord, et les seules conclusions auxquelles on puisse s’arrêter, en résumantles suppositions énoncées de part et d’autre, sont renfermées dans les deux opinions enapparence contradictoires, mais au fond, croyons-nous, faciles à accorder. 1° Suivantquelques écrivains, le monument bâti pour les séances du parlement aurait succédé à unédifice beaucoup plus ancien, ayant servi aux x e et xi e siècles de demeure aux ducs deBourgogne ; et 2°, suivant d’autres auteurs, il aurait été érigé sur une portion de ter-rain appartenant à la chambre des comptes et attenant à son hôtel. Nous n’avons pas ànous prononcer entre ces deux opinions : mais nous serions porté à leur accorder unégal crédit, en les acceptant l’une et l’autre. Ge ne serait pas la première fois que le meil-leur moyen de trouver la vérité serait d’accepter, en les coordonnant, les opinions émisespar les différents contradicteurs. Cela dit, et une fois le terrain reconnu, nous voyons lemonument y asseoir ses fondations, sortir du sol à la longue, et s’agrandir avec les annéespar l’addition de parties nouvelles reconnues nécessaires.
C’est en 1510 que Louis XII avait ordonné de commencer les travaux : en 1511, ils