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Tome quatrième.
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CHATEAU DE MARTAINVILLE

IT SIÈCLE

Lorsqu’on suit la route qui conduit de Beauvais à Rouen , on aperçoit, à une courtedistance de cette dernière ville, environ 4 ou 5 kilomètres au delà de Darnetal, uneplantation d’arbres qui sert d’avenue à un château. De la route on ne découvre guère quela haute toiture de l’édifice, le sommet aigu de ses tours d’angles et ses riches et nom-breuses souches de cheminées. On en découvre assez cependant pour avoir la certitude quel’édifice ainsi annoncé n’est point une demeure vulgaire ou insignifiante, et l’on quittevolontiers la route pour arriver à ses pieds, s’en faire une idée plus exacte et plus com-plète. Pour nous, nous arrivions devant le château de Martainville avec l’assurancede rencontrer un monument intéressant à tous égards ; il nous avait été spécialementrecommandé par un habile architecte de Rouen , et nous avions, en outre, consultédiverses vues lithographiées de ce château , qui nous en avaient indiqué le style etl’époque.

Assez bien conservé à l’extérieur, le château de Martainville l’est beaucoup moinsà l’intérieur. Il se ressent de l’absence de ses maîtres, qui l’ont délaissé pour unedemeure plus vaste et mieux située. On sait ce que deviennent les appartements lors-qu’ils ne sont plus habités ; manquant d’air et de lumière, livrés en proie aux millecauses de destruction que la nature recèle toujours dans son sein, ils perdent peu à peul’éclat brillant de leurs boiseries et de leurs peintures, heureux encore quand ils ne subis-sent pas de dégradations plus importantes. Le visiteur de Martainville se laisse aller àexprimer le désir qu’une aussi jolie et intéressante habitation soit honorée plus souventde la présence du propriétaire. Il appréhende, en effet, qu’elle ne finisse par éprouver lesort de maints vieux châteaux dont l’intérieur s’est dégradé faute d’être habité ; quand,plus tard, on a voulu s’installer dans ces demeures abandonnées, on a songé aux dépensesqu’il faudrait y faire pour les rendre habitables, on a reculé devant ces dépenses, eton les a délaissées de nouveau et souvent pour toujours. Alors il est arrivé que pours’en défaire, on les a vendues à des industriels, qui n’ont pas hésité à y établir desfabriques (on sait ce qu’en pareil cas devient la demeure la plus ravissante), ou bien quele travail de destruction, commencé par la nature, a passé de l’intérieur à l’extérieur,a dégradé les façades après avoir dégradé les appartements ; enfin, on a vu l’instantfatal où le caractère de ruine s’y est empreint et où l’on a vendu à un démolisseur

les différents matériaux dont est construit l’édifice. Alors le château disparaît, et avec

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IV.