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Tome quatrième.
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PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

de Saint-Claude-le-Jeune, gravée sur une table de marbre : « Expectamus resurrectio-nem mortuorum. Cy gisent noble homme, maistre Jacques Puchot, en son vivant escuyer,seigneur du Montlaudrin, la Vaupaillère, Beuzemouchet et le Fay, conseiller du Roy etmaistre ordinaire en sa chambre des comptes de Normandie , et damoiselle Françoisede Martainville, son es pause, ledit sieur décédé le 35 novembre 1618, et sa dite espoitsele même jour. »

Nous voici arrivés en 1618., au moyen d’une épitaphe et d’un souvenir de morts.A cette époque, les Martainville (ainsi le dit le Nobiliaire de Normandie ) firent leurspreuves de noblesse, et, chose singulière, le blason a changé : il ne s’agit plus detrois besants d’or, marques du commerçant et de l’argent à la face d’azur ; l’écussonnous présente un champ d’argent où se prélassent trois merlettes. Serait-ce un souvenirdes viviers de Martainville ?

Quant au château, dont il est temps de s’occuper après la famille, il paraît avoir étéconstruit par Richard Le Pelletier, premier du nom, ou plutôt par son fils, l’échevin etle vicomte de l’eau.

De 1485, date de la construction, à 1757, il a constamment appartenu à la descendancemâle directe des Martainville. À partir de cette époque jusqu’au moment où nous sommes,il a passé, par héritage par les femmes, dans les familles de Sorgainville, Levigner,de Fautereau, de Sénarpont et de Villers.

J11.

Le château de Martainville (1) sera bientôt décrit ; mais avant tout ne devons-nous pasnous féliciter d’être en présence d’un château intact, quoique abandonné, et n’ayant eu àsubir nulle addition, nulle modification. Ce fait se présente assez rarement pour qu’onnous permette de nous y arrêter avec une certaine satisfaction. En effet, parmi tousles monuments civils ou domestiques qu’il nous a été donné de dessiner ou simple-ment de contempler, il en est peu qui soient complets comme le château de Martainville-sur-Ry. Ici, non-seulement le château, ou construction principale, est en entier du jourqui l’a vu naître, mais toutes les dépendances et constructions accessoires datent ausside cette époque.

Que le lecteur veuille bien jeter les yeux sur la planche VI où nous avons figuré, aumilieu de divers détails, un plan général du château, et il pourra se faire une idée exacted’une demeure seigneuriale élevée en province vers la fin du xv e siècle.

À l’extrémité d’un vaste enclos de 104 mètres de long sur 55 de large (en Àdu plan général), se dresse l’habitation principale. Au centre de cette enceinte,en C du plan, est creusé le puits, surmonté d’une toiture très-saillante d’ardoises, etde chaque côté sont les communs et bâtiments accessoires. En D, est un vaste colom-bier construit en briques rouges quadrillées de briques noires, comme tous les autres

(1) On le désigne souvent par Martainville-sur-Ry. —■ Ry est en effet un chef-lieu de canton situé à 2 kilomètres deMartainville, et où nous avons remarqué à l’église un porche de hois de la Renaissance d’une rare élégance.