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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
« Les fabricants et teinturiers en drap étaient alors fort nombreux dans notre ville,puisqu’un procès qui remonte à l’année 1513 s’éleva, pour l’usage des eaux de Robec,entre les teinturiers de Darnetal, qui teignaient en bleu, et ceux de Rouen , qui teignaienten garance. Il paraît que ceux de Darnetal finirent par avoir l’avantage et par accaparerentièrement la rivière, en sorte que les drapiers de Rouen , qui commerçaient avecLyon, l’Espagne et le Portugal , et avaient besoin de couleurs joyeuses, étaient obligésd’envoyer teindre leurs draps à Paris et à Meaux , au grand dommage des artisans dela ville. L’un des principaux drapiers, Nicolas Baudry, résolut en 1530 de faire cessercet abus : il se fit amener de très-bonne garance et en fit teindre cinq pièces de drapà Martainville. »
Voilà donc, à propos de notre château, un aperçu sur l’occupation principale de la citérouennaise , la fabrication des étoffes, et surtout des draps : avoir montré, au moyen destextes, que cette industrie encore si vivante a quatre siècles au moins d’ancienneté, c’estavoir présenté à nos lecteurs un document intéressant dont l’importance vaut peut-êtreles longues recherches auxquelles il nous a condamné.
Après ces noms de valeur de Richard, Jacques et Louis de Martainville, nous n’avonsplus à présenter qu’une nomenclature aride qui réjouirait un d’IIozier, un amateur degénéalogie ; mais qui, au milieu de ces lignes, n’offre qu’un médiocre intérêt : il nousfaut surtout des faits, et des faits qui représentent une idée et la font entrer dans lamémoire, non par une nomenclature stérile n’indiquant que le souvenir des morts, sansaucun détail qui leur prête quelques instants une apparence de vie (1).
Les derniers mots que nous venons de tracer nous rappellent qu’en feuilletant l’histoirede Farine , nous avons trouvé l’épitaphe suivante qui existe ou existait dans l’église
(1) Malgré ce que nous venons d’émettre, nous ne croyons pas absolument inutile de placer sous les yeux dulecteur, ne serait-ce que sous forme de note, la généalogie des châtelains de Martainville ; et nous copions la liste desdifférents possesseurs de cette terre telle que nous la communique le propriétaire actuel, M. le comte de Villers. Nousprofitons aussi de cette occasion pour lui adresser nos remercîments, car il a bien voulu accorder toutes facilités dedessiner et relever le château de Martainville, et nous lui devons, de plus, la communication de précieux documentshistoriques.
Voici la suite des possesseurs de Martainville ;
Georges de Martainville succède à Louis. Il avait titre de chevalier, sire de Martainville, Grosménil et Aumont ; épouseJacqueline de Quesnelle, dame d’Offignies ; mort le 29 avril 1641.
Louis de Martainville, chevalier, seigneur de Martainville, Grosménil et Offignies, fils du précédent ; épouse FrançoiseAsselin de Frénelle ; fait maintenir la noblesse de sa famille en 1668.
Philippe de Martainville, chevalier, seigneur de Martainville, etc., etc., fils du précédent ; épouse Catherine deBéthencourt.
Michel de Martainville, chevalier, etc., etc., fils du précédent ; épouse Elisabeth-Louise Le Normand ; mort le8 mai 1757.
Geneviève-Antoinette de Martainville, sœur du précédent ; épouse messire Salomon Couture, seigneur de Sorgainville ;elle hérite de Martainville par son frère Michel, mort sans postérité. Décédé à Rouen le 1 er avril 1781.
Pierre-Eustache Levigner, baron de Dampierre, conseiller au parlement de Normandie ; épouse Marie-Angéliquede Giville. Pierre-Eustache Levigner hérite de la terre et seigneurie de Martainville par sa mère, cousine de madamede Sorgainville morte sans postérité.
Marie-Alphonse Levigner, dame de Martainville, fille de Pierre-Eustache Levigner et de Marie-Angélique de Civille ;épouse Marc-Antoine de Fautereau, chevalier, conseiller au parlement de Normandie .
Angélique-Marie-Françoise de Fautereau, fille de Marc-Antoine et de Marie-Alphonse Levigner ; épouse Alexandre-Pierre comte Dary de Sénarpont (1803;.
Marie-Adélaïde de Sénarpont , fille des précédents, épouse le 3 février 1829 Amédée Martin, baron de Villers.
Pierre-Auguste Martin de Villers, devenu possesseur en mai 1850 du droit de sa mère, Marie-Adélaïde de Sénarpont .
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IV.