PALAIS. CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
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particulièrement usitée à cette époque, et la sculpture, quoique employée avec réserve,en possède aussi le faire et le caractère principal. Les décorations intérieures si richeset si abondantes, obtenues généralement à Laide de peintures murales extrêmementprécieuses et que les galeries de Fontainebleau avaient mises à la mode, sont en grandepartie l’ouvrage de Niccolo del Àbbate, élève du Primatice ; il avait largement aidé sonmaître dans la décoration de la galerie de François I er , à Fontainebleau , que nousadmirons encore aujourd’hui. D’autres peintures très-importantes ont été exécutéesencore à Àncy-le-Franc, mais beaucoup plus tard, par Meynassier, artiste moins célèbre,doué pourtant d’un talent incontestable.
Ce n’est pas sans quelque embarras, nous l’avouons, que nous livrons au public nosappréciations personnelles. Une monographie, dans le sens littéral du mot, nousentraînerait bien au delà des bornes que nous avons dû nous tracer. 11 est impossible,d’autre part, de traiter ce vaste sujet sans entrer dans quelques détails historiques etgénéalogiques qui ne sont pas de notre ressort. Nous essayerons toutefois de nous main-tenir dans les limites de notre programme, et, pour rendre cette étude à la fois plus facileet plus instructive, nous la partagerons en trois chapitres spéciaux. La partie historique etgénéalogique sera traitée d’abord, et nous nous occuperons des deux familles qui ontpossédé le château, en n’insistant que sur les faits et les dates ayant une corrélationdirecte avec sa construction et sa décoration. Après avoir jeté ensuite un coup d’œild’ensemble et nous être occupé de ce qui a rapport à l’extérieur, nous prendrons lelecteur pour ainsi dire par la main, et, dans le dernier chapitre, nous lui ferons parcourirrapidement les salles, les galeries, les pièces les plus importantes dont plusieurs ont étésoigneusement conservées, un plus grand nombre scrupuleusement restaurées ; d’autres,nous l’espérons, n’attendront pas trop longtemps le jour qui doit les rendre à leurancienne splendeur.
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La maison de Clermont fît bâtir le château au milieu du xvi e siècle, à une époque quenous aurons plus tard à mieux préciser. Originaire du Dauphiné, elle y possédait eutoute souveraineté la baronnie de Clermont , incorporée au Dauphiné en 1340, à lasuite d’un traité qui compensait ce sacrifice par des honneurs et des accroissements deterritoire. La baronnie fut érigée en comté par lettres patentes de Henri H, en 1547.Lors de la réunion de la province à la France , les titres de connétable et grand maîtrehéréditaire, premier baron du Dauphiné, avaient été conservés à l'aîné des Clermont .Cette maison porte pour armes « deux clefs d’argent en sautoir sur champ de gueules ».Ces armoiries, qui sont celles du saint-siège, ont été concédées en I 120 avec la devise :« Etiam si omnes te negaverint , Ego mmquam te negabo » (I), par le pape Calixte 11, àSibaud de Clermont , deuxième du nom, qui, à la tête d’une armée, avait puissammentcontribué à le replacer sur le trône pontifical, en expulsant de Home l’antipape Bourdin.
(1) Cette devise, devenue par abréviation : Si omnes, Eyo non, se trouve, ainsi que les clefs, fréquemment employéedans les ornements extérieure et intérieurs û’Ancy Ic-Franc.