DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.
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inattaquable. Le dévouement de M. Tournerai, dont les pères étaient déjà baillis autemps des Clermont, , en donnant provisoirement à Léditîce une destination publique,permit d’attendre des jours meilleurs. Ils vinrent en effet, et durèrent jusqu’au momentoù mourut sans postérité le marquis de Louvois , pair de France, 3 avril 1844. Hommeaimable, bienfaisant, il n’avait pas ménagé ses services au pays, qui lui doit un établisse-ment métallurgique. Il s’était donné pour fils adoptif le comte de la Salle, dont l’aïeule,M lle de Bombelles, était sœur de sa mère ; il lui laissait, avec son nom, son magnifiquehéritage amoindri par des opérations malheureuses qui rendirent impossible au nouveaumarquis de Louvois la conservation de la splendide demeure dont nous parlons. Allait-elle donc tomber, comme tant d’autres, aux mains de ces hommes appelés, dans unlangage adouci, des spéculateurs, et flétris par le peuple, dans son style juste et imagé,du nom de bande noire? Ce nouveau danger fut conjuré. M. de Louvois s’effrayait d’uneconséquence si extrême, lorsqu’à la fin de l’année 1844, des acquéreurs se présentèrent,et ceux-ci, heureusement pour le pays et pour les arts, ne se proposaient pasde faire une spéculation. Ils appartenaient à l’illustre famille qui avait fondé Àucy-le-Franc et qui l’avait elle-même vendu au ministre de Louis XIV . Le contrat fut passédans le château qui devenait la propriété du marquis de Clermonf-Montoison et de songendre le marquis, aujourd’hui duc de Clermont-Tonnerre , fils de l’ancien ministredes rois Louis XVIII et Charles X .
Le château d’Àncy-le-Franc fut dès lors assuré d’une longue durée. Il est rentré dansune famille chez laquelle le bon goût, l’amour des arts, semblent héréditaires. Encoreun des beaux monuments de notre pays préservé des démolisseurs! Félieitons-nous-enhautement après les années parcourues depuis la Révolution. Où sont maintenant, pourla plupart, les édifices dont les plans, les façades nous ont été conservés par du Cerceauet plus tard par Sylvestre? Où sont ces constructions élégantes et majestueuses danslesquelles l'art de la Renaissance avait déposé le meilleur de son génie, de ses inspirations?A la place où elles se dressaient fièrement, on trouve le plus souvent un sol rasé,converti en cultures ou couvert de bâtiments utilitaires.
Mais n’ayons plus de crainte désormais ; les mauvais jours des monuments de notrepays sont passés, Depuis quelques années une réaction a eu lieu, réaction vigoureuseprovoquée par l’excès du mal et dirigée par des hommes de mérite et de science. Lesédifices encore debout des siècles précédents ont promesse de durée : la muse de l’archi-tecture souffrira moins des blessures de son rival, le génie industriel. Les usines, leshauts-fourneaux, pourront trouver place à côté des demeures seigneuriales ; on n’abattraplus celles-ci pour construire ceux-là ; les souvenirs du passé et les idées modernes vivrontcôte à côte sans se combattre ou se détruire.
L’histoire du château d’Ancy-le-Franc serait incomplète si nous ne disions quelquesmots des visiteurs illustres qu’il eut l’honneur de recevoir dans ses murs.
On n’est pas suffisamment fondé pour assurer que Henri II et Henri III s’y soientarrêtés ; mais pour Henri IV le fait est avéré. Le comte de Clermont et de Tonnerre,Charles-Henry, lui avait inspiré une de ces amitiés vives qui ont été l’une des gloires de