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Tome quatrième.
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98 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

dont nous ayons à nous occuper. Six générations de Clermont s’étaient succédé dansle château d’Ancy-le-Franc, lorsqu’on 1683, le comte François-Joseph , pour qui cettehabitation constituait sans doute une trop lourde charge, la vendit au grand ministrede Louis XIV, Louvois . L’année suivante, il lui vendit également le comté de Tonnerre.Une circonstance particulière rendait cette acquisition désirable pour Louvois . Il avaitépousé Anne de Souvré, dame de Pacy-sur-Armançon (les vestiges de son château s’yvoient encore). Or, Pacy est à 7 ou 8 kilomètres d’Ancy-le-Franc ; les biens de la maisonde Souvré, dans le comté de Tonnerre, étaient considérables : tout ce qui n’y appartenaitpas aux Clermont était aux Souvré. Louvois réunissait donc autour de son palais unevéritable principauté. Nous nous permettons ici de renvoyer le lecteur à la charmantedescriptions des Etats de la marquise de Louvois que nous donne un des correspondantsde M m *de Sévigné, dans un style que ne désavouerait pas la marquise elle-même.

Louvois ne jouit guère, au reste, que par la pensée de l’établissement où sa vieillessecomptait peut-être se reposer du gouvernement d’un royaume ; il n’y lit qu’une appari-tion de quelques heures en revenant de visiter les places fortes de Franche-Comté . Al’époque où il lit l’acquisition d’Ancy-le-Franc, des dépendances dignes de cette demeuremanquaient encore. Elles s’élevèrent plus tard, vastes, régulières, cependant d’une sim-plicité exquise, s’harmonisant merveilleusement avec la construction principale, sons ladirection, assure-t-on, de Mansart.

Le règne de Louis XIY devait exercer, à Ancy-le-Franc, la même influence funesteque dans tous les châteaux de cette époque. Une guerre à outrance est déclarée auxmonuments de la Renaissance. Pour obtenir des distributions plus commodes, on mutiledéjà de belles salles, on plafonne caissons et poutrelles pour avoir des surfaces plusfaciles à éclairer; on veut rajeunir partout et quand même, et ces efforts promettaientleur dernier mot pour Ancy-le-Franc, dans une série de plans en date de 1749, quidevaient faire passer en entier l’œuvre du Primatice dans la fontaine de Jouvence.N’accusons pas ici les possesseurs du château, parmi lesquels se comptent des hommesdistingués, instruits, amis des ails ; ! ), vivant d’une large existence, affables, hospitaliers;plaignons seulement l’exclusivisme artistique des temps passés, qui ne voulaient voirrien de bon ni de beau dans ce qui les avaîUprécédés.

Le château d’Ancy-le-Franc devait traverser deux crises redoutables. Le déchaîne-ment du vandalisme révolutionnaire faillit lui être fatal comme à tant d’autres monu-ments effacés à jamais du sol ; le marteau démolisseur s’élevait déjà sur l’édifice ; lesarchives, les meubles, les tableaux, avaient été brûlés dans les cours ; la boiserie de lachapelle, qu’un décret de la Convention fit plus tard restituer comme immeuble pardestination, avait été vendue et enlevée, lorsque la marquise de Louvois , née Rombelles,au milieu des peines, des souffrances de l’émigration, eut le courage de renvoyer enFrance son fils tout enfant, dont la présence maintenait au domaine un propriétaire

(1) Le marquis de Courtanvaux, petit-fils du ministre, fut un protecteur distingué des lettres et des sciences, au ser-vice desquelles il mit une grande partie de sa fortune. Il équipa à ses frais une frégate pour faire un voyage autour dumonde.