DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
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entremêlées d’une foule d’animaux vrais ou fantastiques accompagnent les grands sujetsallégoriques, tandis que le plafond, très-riche, divisé en caissons, subdivisés eux-mêmesen compartiments de formes variées, se trouve couvert d’arabesques, de fleurons et decartouches elliptiques contenant les signes du zodiaque.
À cette pièce succède immédiatement la chambre aux fleurs , prise sur l’extrémité de lalongue galerie D, distribuée depuis très-longtemps en appartements. Cette délicieusepetite pièce est restée à peu près intacte. Elle a pour décoration principale une fleurisolée, mais variée à l'infini et peinte sur fond d’or, dans chaque compartiment de laboiserie.* De là le nom de chambre aux fleurs. Le plafond, extrêmement remarquable, estformé de caissons ornés parfois du chiffre des Clermont-Tonnerre , surmonté d’une cou-ronne. Un portrait de Diane de Poitiers , placé au-dessus de la cheminée, nous a paru peudigne des éloges que lui accorde M. Chaillou des Barres, dans sa notice sur Ancy-le-Franc. C’est une peinture ou plutôt une copie assez médiocre et assez fade, représentantDiane armée d’un arc et d’une flèche. Elle est vêtue d’une sorte de tunique antique etenveloppée d’un manteau rouge voltigeant ; ajoutons toutefois que la figure de la déesse,ou de la favorite, si l’on préfère, ne manque ni de finesse ni d’expression (1).
Avant de nous rendre à la chapelle, nous devons traverser la galerie de Pharsale ,en K, où est représentée, en camaïeu jaune, la victoire de Jules César . Ces peintures,d’un grand style, ont beaucoup souffert et attendent une restauration. Elles paraissentêtre de Niccolo del Abbate, auquel on les attribue.
Un vestibule voûté en berceau nous introduit maintenant dans la chapelle, en B, Cesanctuaire, remarquable, à plus d’un titre, a été entièrement décoré à la fin du xvi e siècle,sous Charles-Henry. Il est situé, comme on le voit, dans le pavillon nord-ouest, et peut àjuste titre passer pour un petit monument d’iconographie chrétienne. Notre planche XIen montre la porte, ainsi que le commencement de la boiserie qui règne tout autour. Cetteboiserie, des plus intéressantes, se trouve divisée en vingt-quatre panneaux régulierspar des pilastres cannelés d’ordre composite, prenant naissance au-dessus du bancqui entoure la chapelle. Sur chacun des panneaux on observe avec intérêt la façonénergique dont sont exécutées en pied, et rangées dans leur ordre hiérarchique, lesfigures des apôtres et des prophètes, au tiers de nature et en sali d’or. Nous présentons(fig. 9 et 10) deux des apôtres, saint André et saint Jacques. — Des cartouchesvariés, placés au-dessus des personnages, indiquent leur nom (voy. fig. 11 et 12).Immédiatement au-dessus de la boiserie si splendidement décorée, on voit les cordonsde Saint-Michel et du Saint-Esprit, et une série de cartouches contenant Fexplication
(I) Ce portrait est-il bien réellement un portrait de Diane ? Le costume est celui d’une chasseresse adopté par beaucoupde dames des xvi° et xvn® siècles ; mais les armoiries peintes sur le baldaquin sculpté du cadre appartiennent à une alliancedes Clermont. Ce portrait est adossé à celui de Richelieu, dans la chambre des Arts, ce qui donna lieu à une anecdote assezcurieuse. A l’époque révolutionnaire, lorsque la bande dévastatrice qui faisait dans la grande cour un auto-da-fé du mobi-lier, des tableaux, des titres et archives du château, arriva dans la chambre des Arts, une voix s’éleva pour sauver l’imagedu cardinal : « C’était un brave homme, cria-t-elle, il coupait le cou aux nobles ! s Et le tableau resta en place. On passadans la chambre aux fleurs : a Ceci, c’est la maîtresse du cardinal, laissons-les ensemble », dit un plaisant. On rit, et lavoix du peuple, qui n’était certes ni la voix de Dieu , ni celle de l’histoire, conserva ainsi au château les deux seuls por-traits anciens existant aujourd’hui sur les cheminées.