vj INTRODUCTION,
de la terre, qui surpasse Goooooo de mètres. Cela peut pa-raître inconcevable aux personnes qui ne connaissent pas lesprocédés dont les astronomes font maintenant usage, maisrien ne semble plus simple lorsqu’on les a examinés. Sansentrer ici dans des détails techniques, il est cependant facilede sentir au moins la possibilité d’une pareille exactitude. Ilsuffit, pour cela, de remarquer que la surface de la terren’est réellement pas aussi irrégulière qu’elle le paraît au pre-mier coup-d’œil. Les montagnes dont elle est hérissée, lesvallées qui la sillonnent, ne sont, comparativement à sagiasse, que des rides presque imperceptibles. Les petitesaspérités qui se rencontrent sur la peau d’une orange sontrelativement beaucoup plus considérables. Si l’on fait d’ail-leurs attention que les continens terrestres sont entourés detous cotés par la mer qui s’y insinue par un grand nombred’ouvertures; que leurs bords ne sont nulle part fort élevésau-dessus du niveau des eaux qui les baignent; que tous lesfleuves dont ces continens sont entrecoupés se rendent aussià la mer par des pentes assez faibles, puisqu’ils sont géné-ralement navigables, on verra, dans cet équilibre, l’effetd’un nivellement général de la surface terrestre on concevraque sa courbure doit suivre la courbure régulière de l’Océan,et par conséquent l’on sentira que la mesure d’une pareilleconvexité peut avoir toute la rigueur d’une opération mathé-matique.
Il ne reste donc plus qu’à faire connaître les procédés quel’on emploie pour effectuer cette mesure. Vous avez vu quel-quefois sur les bords de la mer un navire s’éloigner du rivage :d’abord on l’aperçoit tout entier; maispeu-à-peu, à mesurequ’il s’éloigne, il semble s’enfoncer dans l’horizon; vous perdez.