XXIX
INTRODUCTION,avait recueillies clans son voyage, ayant été pareillementrendues publiques, ont confirmé la plupart des faits quej’avais remarqués dans mon premier voyage, et leur ontajouté plusieurs circonstances nouvelles. Les recherches dece jeune naturaliste ont aussi donné une connaissance plusexacte et plus complète des poissons de la Méditerranée,principalement de ceux qui vivent dans des eaux profondes.Ses expériences et les miennes conduisent également à cetteconséquence singulière , c’est que la vessie natatoire despoissons contient d’autant plus de gaz oxigène, qu’ils ha-bitent à des profondeurs plus considérables, quoique l’aircontenu dans l’eau de la mer, à 600 mètres ( 1800 pieds )de profondeur, soit égale, peut-être même un peu infé-rieur en pureté à celui qui en imprègne la surface, commeje m’en suis assuré par des expériences directes. Nous avonségalement remarqué que lorsqu’on retire des poissons dufond de ces abîmes, l’air contenu dans leur vessie natatoiren’étant plus comprimé par l’énorme colonne d’eau qui pe-sait sur eux, se dilate tellement, qu’il déchire la vessie ,renverse leur estomac, et les étoulfe avant qu’ils aient at-teint la surface des eaux.
Enfin, notre opération aura peut-être dans l’avenir desconséquences plus étendues. Si jamais la civilisation euro-péenne parvient à s’établir sur les côtes d’Afrique , rien nesera plus facile que de traverser la Méditerranée par quel-ques triangles, en prolongeant notre chaîne dans l’ouestjusqu’à la hauteur du cap de Gâte; après quoi, remontantla côte d’Afrique jusqu’à la ville d’Alger , qui se trouve sousle méridien de Paris , on pourra mesurer la latitude, etporter l’extrémité australe de notre méridienne, sur lesommet du mont Atlas.
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