du Pays même;[ce qui n'eſt pas ſans éxemple à Pégard des Régions Orien-tales.]
Mals de tous les points fur leſquels on trouve les Voyageurs peu d'accord,il n'y en a gueres où les conciliations& les ſupplémens ſoient ſi difficiles queſur celui des noms propres. Une des principales vũes qu'on s'eſt propoſédans cet OQuvrage, eſt de réduire les noms de lieux& de perſonnes à l'orto-graphe de leur véritable prononciation,& d'introduire tant d'uniformité, queles mémes objets reparoiſſent conſtamment ſous les mêmes noms.
PouR atteindre au premier de ces deux buts, il ſuffit de connottre'alpha-bet du Pays de chaque Auteur, ou de la Langue dans laquelle il écrit. Maisil n'eſt pas ſi facile, ou plüútõt, il eſt preſque impoſſible d'éxécuter le ſe-cond deſſein, parce que c'eſt un défaut commun à tous les Voyageurs de laméme Nation d'écrire différemment les noms Etrangers. Sans vouloir dé-cider ſi ce défaut vient de leur négligence à s'informer des noms, ou de cequ'étant obligés d'inventer des caractéres, parce que leur propre Languen'en a pas toQjours qui répondent éxactement aux ſons des Nations étrangé-res, ils ſuivent différentes régles dans ce choix; ou, ce qui eſt ſouvent lavraie raifon, de, ce qu'ils copient ſans diſcernement les Ecrivains des autresNations; à quelque cauſe enfin qu'on doive attribuer ce déſordre, il s'enſuitque ſi l'on entreprend de réduire tous les noms à quelque idiome particulier,on tombe néceſſairement dans autant de différences que ſi Pon n'avoit faitque les tranſcrire ſans y rien changer. En un mot, le ſeul moyen de lesrendre uniformes, ſeroit de ſqavoir comment ils ſont écrits par les Nationsmémes auxquelles ils appartiennent.
On n'a rien épargné pour ſuivre fidélement cette régle dans les noms quiregardent'Europe, PAſie,& quelques parties de'Afrique; mais lorſqu'ileſt queſtion des Pays qui n'ont ni livres ni caractères, tels que la Guinée&les plus grandes Régions de FAfrique, le Continent de l'Amérique, toutesſes Iles,&c. on n'a pü ſe promettre d'arriver jamais à la véritable orto-graphe, non plus qu'à l'éxacte prononciation. Dans une ſi grande incertitu-de, on s'eſt crq obligé de conſerver la plüpart de ces noms comme ils ſontGcrits dans les Auteurs originaux, en réduiſant ſeulement quelques lettres à lavaleur de celles qui rendent le même ſon, dans la Langue où cette Collec-tion eſt publiée. Si l'on croit quelquefois avoir découvert le véritable nom,Favis qu'on en donne dans une Note devient une régle à laquelle on neceſſe pas de s'attacher. Au reſte, ce qu'on entend par la réduction deslettres, deviendra ſenſible dans un ſeul éxemple. Les Frangois écriventChine: or pour le prononcer de même, les Anglois écrivent Sbin, les Alle-mands Schin, les Italiens Scin,& les Portugais Xin. Ainſi pour réduire cetteſyllabe à la pranonciation Angloiſe, dans toutes ſortes de mots, il faut em-
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