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Tome premier.
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INDES ORIENTALES, Liv. I. Cnar. V. 69

veuglant point ſur les dangers de cette expédition, il repréſenta qu'elle pou- CAX2AAT.voit être ſanglante,& qu'on ne devoit pas s'offenſer à Calecut ſi ſes gens 1500.tuoient une partie de'Equipage Indien. L' Amiral trouva cette condition rai-ſonnable. Alors Cabral ne balanga point à détacher Pedro de Atayde, avecEsſa Caravelle, montée de ſoixante hommes,[fans compter quelques Mores,envoyés par lAmiral]& d'une fort bonne artillerie. Le Vaiſſeau de Ceylan,qui étoit de ſix cens tonneaux,& monté de trois cens hommes, parut mé-priſer d'abord un ennemi ſi foible. Mais lorſqu'il eut commencé à ſentir l;'ar- Il prend untillerie Portugaiſe,& qu'étant ſerré de fort près, il eut regut quelques bou-.,2 cglets qui le mirent en danger, il ſe hata de fuir à toutes voiles. Atayde le Hattskiprit dans la Baye de Cananor,&'amena le jour ſuivant à Calecut. II por-toit ſept éléphans; qui ne valoient pas moins de cent mille écus(a) dans cePort. Le Samorin ayant eu la curiofité de le voir, admira qu'un Batiment ſiconſidérable eüt été pris par un Vaiſſeau qui n'avoit pas la ſixiéme partie deſa groſſeur,& ne ſe laſſoit point de loüer la valeur des Portugais. Mais Ca-bral découvrit quelles avoient été les intentions de PAmiral de Calecut;&pour en prévenir l'effet, en ſe procurant au contraire Famitié du Roi de Co-chin, il reſtitua le Vaiſſeau de Ceylan(b) aux Propriétaires, avec des com-penſations pour le dommage. Ce fut dans cette action que Duarte Pacheco Pe- Premiers ef-reyra donna les premières marques de cette valeur heroique, qui lui acquit 8dans la ſuite une gloire immortelle. bseabUN ſuccès ſi contraire à Peſpérance des Mores, leur cauſa plus d'une ſor- Jalouſie deste d'allarmes. Outre le chagrin de voir triompher leurs ennemis, ils commen- ves sxe easscêèrent à craindre ſérieuſement, que le Samorin apprenant à diſtinguer la va- 88 ES”leur& Phabileté dans ſes nouveaux Alliés, ne les crůt plus dignes de ſon af- gais.fection que tous les Mores enſemble;& n'enviſageât méme aſſez d'avantagesà les recevoir, pour leur céder toutes les préférences du commerce. Dansces idées, ils allérent en corps à Paudience du Samorin. IIs lui repréſenté-rent combien il étoit triſte pour eux, apres avoir ſoũtenu ſi long-tems le com-merce de Calecut,& fait connoitre leur fidélité par tant de preuves, de ſevoir préférer une troupe d' Avanturiers. IIs renouvelléèrent contre les Portu- Iurs accuſa-gais Pancienne accuſation de piraterie. Quelle apparence qu'ils fuſſent amenés tions.aux Indes par des motifs de commercé, lorſqu'il ne paroiſſoit pas poſſiblequ'avec tant d'hommes& de Vaiſſeaux les profits de leur voyage puſſent lesdéfrayer d'une route de 5000 lieués? N'etoit-il pas viſible qu'ils penſoient àpiller le Pays, à ſe rendre maitres de Calecut sils pouvoient une fois s'y in-troduire,& qu'ils ne manqueroient pas de changer en Fortereſſe la maiſonque le Samorin leur avoit accordée pour un Comptoir? Enfin, pour donnerplus de force à ces plaintes, les Mores y joignirent la menace de ſe retirerdans quelqu'autre Ville du Malabar.LE Samorin, plus ſenſible à la crainte de les perdre qu'à la malignité deleurs accuſations, les aſfura de la conſtance de ſon amitié,& de la continuationde ſes faveurs. A'égard des Etrangers qui excitoient leur jalouſie, il répon- vn.gdit que la raiſon 20 avoit eué de les employer contre le Vaiſſeau de g en. I en.an Samorin.

(a) Anglois dit 30000 Livres Sterlings; ce.ce Vaiſſeau au Samorin; ſce qui eſt dit dansqui paroit être une faute. R. d. E. le Texte eſt tiré de Faria.](b) Caſtanneda prétend que Cabral donna

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