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Tome premier.
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Effet de l'op-poſition desMores.

Cabral en por-te ſes plaintesà la Cour.

Il regoit uneſatisfactiondangereuſe.

Les Moresfont tournercontre lui lesfaveurs de laCour.

vOTAOES DES DORTUWGAIe Aur¼

lan étoit pour mettre leur valeur à l'épreuve;& que d'ailleurs, il ne leuraccorderoit, comme aux autres Marchands, que les permiſfſions ordinairesdu commerce, dont tout Pavantage ſeroit pour ſes Etats, puiſqu'ils y appor-teroient inſenſiblement tout l'argent de leur Pays. Cette réponſe ne ſatisfitpoint les Mores. IIs auroient ſouhaité que le Samorin les délivràt abſolumentde la concurrence des Portugais.[IIs jugeoient mieux que lui de avenir;&stêt ou tard, ils prévoyoient que des Marchands ſi braves& ſi bien armés ſelaſſeroient de recevoir des loix lorſqu'ils ſeroient aſſez forts pour en impoſer.Cependant le Samorin, demeurant ferme dans ſes réſolutions,] ils ſe borne-rent extérieurement à traverſer ces dangereux Rivaux, en continuant de re-tarder leur cargaiſon d'épices; mais ils cherchêrent en ſecret à faire nattrequelque ſujet de querelle, dans le deſſein d'en venir aux coups. IIs ſe flattoientde l'emporter par le nombre;[& s'ils parvenoient à les détruire, ils ne dou-Ttoient pas que le Samorin ne fút aſſez content de partager avec eux des dé-pouilles préſentes, qui le toucheroient beaucoup plus qu'un eſpoir éloigné.]D'un autre côté, ils réſolurent de ne rien épargner pour irriter le peuple con-tre eux par toutes ſortes d'artifices.

DäANs P'eſpace de trois mois, les Portugais ne purent achever que la car-gaiſon de deux Vaiſſeaux; encore avoient-ils acheté les épices à des prix ex-ceſſifs. Rien n'étoit ſi contraire aux intentions du Samorin, qui leur avoitpromis que leur Flotte ſeroit chargée en moins de vingt jours,& qu'elle au-roit la préférence ſur tous les autres Vaiſſeaux étrangers. IIs découvrirentméme que les Mores achetoient ſecrettement à plus bas prix qu'eux,& que,malgré l'ordre du Samorin, on leur laiſſoit la liberté d'embarquer. Cabral,ſurpris de ces informations, ne douta point que le Prince ne fùút trompé com-me lui(c). Il en fit porter ſes plaintes, dans une audience[qu'il n'obtint qu'a- Rvec peinẽ;]& la ſaiſon s'approchant pour retourner en Portugal, il deman-da des explications, ſans leſquelles il proteſta qu'il croiroit la foi violée. LeSamorin marqua autant d'étonnement que de chagrin, en apprenant que laFlotte n'étoit point encore chargée. II aſfüra qu'il n'avoit pas cru les Morescapables de déſobéir à ſes ordres,& qu'il étoit réſolu de les punir. En effet,il donna la permiſſion à Cabral de faire viſiter leurs Vaiſſeaux,& de pren-dre toutes les épices qu'on y trouveroit, en payant ſeulement le prix qu'ellesleur avoient coũté.

CkroIr'occaſion que les Mores avoient cherchée pour ſuſciter une que-relle ouverte aux Portugais. Un de leurs principaux Marchands commengaauſſi-tét à charger publiquement ſon Vaiſſeau;& pour aſfrer le ſuccès dePartifice, il apoſta quelques Mores& quelques Indiens, amis des Portugaisen apparence, qui repréêſentèrent à Correa combien il étoit important de fai-ſir le Vaiſſeau More, s'il vouloit enfin parvenir à charger les ſiens. Correan'oſant ſe fier d'abord à ce conſeil(d), le fit communiquer à Cuͤbral, qui lerejetta auſſi, dans la crainte d'irriter trop les Mores. Correa, toũjours ſolli-cité par les mêmes Emiſſaires, renouvella ſes propoſitions à l'Amiral, qui

prit encore le parti de les rejetter. Mais le Facteur, inſiſtant, pour la troi-ſié-

(d) Angl. Correa s'étant d'abord fié à ceConſeil. R. d. E.

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(c) Angl. jugea que ces choſes ne pouvoientpoint ſe fatre ſans la participation& le conſen-tement du Prince. R. d. E.