Band 
Tome premier.
Seite
227
JPEG-Download
 

INDES ORIENTALES, Lw. I. CHAr. XX. 22

ſement leurs efforts, qu'elle donna le tems à Maſcarenhas d'arriver avecune CaAsrao.troupe de Soldats choiſis, qui paſſèrent les Mores au fil de l'épée. 1545.LE principal objet de Zaffar étoit de combler le foſſé& d'abatre le mur.X[Il ne ſe paſſoit pas de jour ouù ſes travaux ne fuſſent aſſez avancés pour luien donner Peſpérance.] Mais les aſſiégés n'apportant pas moins d'ardeur pen-dant la nuit à remédier au mal, le foſſé ſe trouvoit nettoyé& toutes lesbréches du ſoir réparées le lendemain. Sa ſurpriſe& ſon chagrin ſe changè-rent en rage. Il donnoit des ordres furieux pour faire commencer bruſque-ment une nouvelle attaque, lorſqu'un boulet lui enleva la téte& la main Zaffar eſt tusdroite, ſur laquelle il tenoit ſa téte appuyée. L'Hiſtorien Faria raconte que S.Se I.ce Renégat ayant fait le voyage d'Otrante, ouù il étoit né dans le ſein du Qari 6toit.Chriſtianiſme, ſa mere avoit fait des efforts inutiles pour le ramener à la Re-ligion qu'il avoit abandonnée. Enſuite, lorſqu'il fut retournẽé parmi les Infidé-les, elle lui écrivit une Lettre, dont l'adreſſe étoit en ces termes: A monE Fils Kbojab Zaffar, aux Portes de Enfer;[mais Faria en écrivant cela n'a pasfait attention, que cette Religion étoit la Grecque, c'eſt-à-dire une Religionſchiſmatique& hérétique. Le Jéſuite Macsfée n'a garde de faire une réflexionde cette eſpẽce.]

& RvnI Kham, fils de Zaffar, ſuccéda au commandement,[avec le deſir Son fils luide venger ſon pere.] Tandis que Maſearenhas envoyoit de tous côtés pour ſuccéde-hater les ſecours, ce nouveau Chef, de concert avec Juzar Kham, entrepritun aſſaut général, qui commengça par les Baſtions de Saint-Thomas& de Saint-

Jean. La réſiſtance des Portugais dura long-tems, avec une valeur incroya-ble; mais étant forcés de céder au nombre, ils ne purent empécher'enne-mi de monter ſur le Baſtion de Saint-Thomas. Ce fut alors que le déſeſpoirles conduiſant plütêôt que le courage, ils ſe raſſemblêèrent, dans le petit nom-bre auquel ils Stoient réduits, ils fondirent ſur cette multitude d'ennemis,qui croyoient toucher à la victoire,&, par des actions dont les Hiſtoriensm'ont pas crü que le récit füt poſſible, ils vinrent-à-bout de précipiter du

Fhaut de leurs murs tous ceux qui échapéèrent à leurs coups.[II reſta, ſur Carnage desleurs remparts, un ſi grand nombre de Mores, qu'ils jugérent-à-propos de ö-aeene-les y enterrer; non-ſeulement afin que l'air n'en fuͤt point infecté, mais dans ISxa;;la crainte qu'en les jettant dans le foſſé, ils ne ſerviſſent comme de pont pourfaciliter de nouvelles attaques.]

RuHI Kham, qui avoit pafſé toute la nuit en priéres& en proceſſions,donna ordre que Paſſaut füt recommencé à la pointe du jour. Deux Baſtionsfurent encore eſcaladés, ſans qu'on pũüt s'oppoſer à tant de furieux qui mon-toient de tous cõtés à la fois, avec une infinité d'échelles. Mais lorfqu'étantſur le haut du mur, ils s'y trouvèrent reſſerrés dans un lieu plus étroit, les

x&̊ Portugais,[dont toute la reſſource avoit été de ſe réünir pour les y attendre,] Iis ſont rè-en firent un ſi affreux carnage, qu'en un moment cet eſpace fut couvert de pouſſés.deux mille morts. Juzar Kham, Général de la Cavalerie, y fut tué, entre

Ples plus ardens;& ſon Oncle, qui portoit le meme nom, Iui ſuccéda.[Les

autres, forcés de ſe retirer en déſordre,& trouvant les échelles rempliespar ceux qui montoient apres eux, ſe précipiterent dans le foſſé, ou ſervi-rent à précipiter leurs propres compagnons qui leur bouchoient le paſſage.]El ne périt que ſept Portugais dans cette terrible attaque.[II y eut pluſieursautres aſfauts, avec un ſemblable ſuccès. Dans l' un,]'embraſement des 8Ff 2 ar.