WINDHAM.
1553.
Il prend unmauvais partien Afrique.
Il arrive aBe-nin.
Audience duRoi de Benin.Uſage duPays.
244 VOYAGES DESANgwois Auktous les Anglois ge l'Equipage, entrainés par leur imprudent’? Lapitaine, dédai-
& demandéèrent de pouſſer plus loin leur navigation. On avanga! eſpace d'en-viron cent lieués, juſqu'à la Côte d'or, où, ſans s'approcher trop d'un FortPortugais, ſitué ſur la Riviere
diſes de peu de valeur, le poids de cent cinquante livres d'or. Et toute lacargaiſon qu'on avoit apportée d Europe auroit pü être changée pour ce pré-cieux métal, ſi les avis de Pinteado euſſent été ſuivis; mais Windham, in-capable de raiſon,[réſolut de prendre une charge de poivre,& pour cela-
bien ſi méprifable en comparauon de P'or dont ils étoient
ie Mina, on ſe procura, pour des marchan-
voulut pouſſer juſqu'à Benin, qui eſt cent cinquante lieuẽs au-delà,& direc-tement ſous la ligne. En vain Pinteado lui en repréſenta le danger. II n'ob-tint, pour réponſe, que des injures& des menaces.
Sox intention étoit de ménager TEquipage, parce qu'étant informé desqualités du climat, il ſqavoit qu'l étoit également dangereux d'y arriver trop-tard, ou trop-tôt. Si l'on arrivoit trop-tard, on s'y trouvoit au tems du Roſ-ſfia, c'eſt⸗à-dire, de'hyver du Pays, qui n'eſt pas dangereux par le froid,mais par une eſpéce de chaleur étouffante, qui produit un air ſi corrompuque les habits y pourriſſent ſur le dos. Si l'on arrivoit trop-tõt, il falloit s'at-tendre aux plus terribles ardeurs du Soleil; ſeule raiſon qui avoit retardé leurcourſe. Mais Pinteado n'étant point écouté, on gagna la Rivieère de Benin,où l'on jetta l'ancre.
PINTEADo, un autre Portugais nommé Franciſco, Lambert Gentilhom-me Anglois,& d'’autres particuſiers des deux Vaiſſeaux, ſe mirent dans leurPinaſſe, pour remonter la Rivieère. IIs en ſuivirent les bords pendant cin-quante ou ſoixante lieuës, dans le deſſein d'aller juſqu'à la Ville Capitale.Mais étant deſcendus ſur le rivage, pour y lier quelque commerce avec lesNégres, ils furent conduits, par terre, a la Cour, qui n'étoit plus qu'àdouze lieués.
ExN arrivant, ils furent préſentés au Roi, dans un cercle fort nombreuxde Spectateurs, qui s'empreſſoignt pour les voir. Ce Prince leur parut moinsnoir que le reſte de ſes Sujets. II étoit aſſis dans une grande ſalle, dont lesmurs étoient de terre,& qui n'avoit aucune feneêtre; mais à la voute, quiétoit de planches légéères, il y avoit des ouvertures, en forme d'enton-noirs, pour la communication de l'air. Le Roi eſt ſervi avec beaucoup dereſpect. Ses Courtiſans m'oſent le regarder au viſage. IIs ſont afſis à pla-te terre, les coudes appuyés ſür leurs genoux,& la téte panchée ſur leursmains, dont ils ſe cachent le viſage. IIs ne levent jamais les yeux quelorſqu'ils ſont appellés par leur nom. Alors, s'approchant du Roi, ils re-prennent la méême poſture pour Pécouter;& lorſqu'ils ſe retirent, ils ram-pent en arriére avec le meme reſpect, parce que c'eſt un crime de luitourner le dos.
LEs
de la terre. Le fruit eſt rouge comme du ſang, Pendroit où on la fait ſécher.] Les Médecinslorfqu'il eft recueilli. Ce n'eſt qu'une coſſe rem- les appellent Grana Paradiſi. On verra, dansplie de grains,[& percée au milieu d'un trou, 1 X la ſuite, ce qui a fait donner ce nom au poi-que l'Auteur apprit enſuite être fait exprès pour vre de Guinée.
y paſſer une ficelle, afin de la ſuſpendre dans
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