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Tome premier.
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INDES ORIENTALES, Lrv. II. CHAv. I1. 243

Mais la jalouſie de quelque concurrent lui avoit fait perdre les fruits de ſon WrvDIAM.mérite& de ſon travail. Cet illuſtre Etranger, digne d'un ami plus vertueurx 1553.que Windham, confulta moins, pour ſe lier avec lui, la reſſemblance de leurs h8.P. avecprincipes& de leur caractére que le gont qu'ils avoient tous deux pour les indham.voyages. II lui propoſa celui de Guinée, dont il ſçavoit mieux que perſonnequ'il y avoit de grands avantages à recueillir. Deux Vaiſſeaux,[& une pi-naſſe] qu'ils firent équiper à Portſmouth, ſe trouvéêrent en état dé partir aumois d'Aoüt 1553. Is y mi;rent une bonne artillerie,& cent quarante Sol-dats. Enfin, chacun prenant le commandement du ſien, ils mirent à la voi-Ple le 12 du mêeme mois.[Avant que de partir Windham commenga à donnerdes preuves de ſes mauvaiſes intentions en chaſſant de ſon Vaiſſeau un parentd'un des principaux Marchands qui étoient intéreſſés à ce Voyage; ce fut àla vérité un bonheur pour ce Jeune-homme,& il auroit été à ſouhaiter pourles fils des autres Marchands qu'il en eut agi de même à leur égard.]Ex paſſant prês de Madére, ils ne purent réſiſter à l'envie de prendre duris(c) de P'Ifle pour leur uſage;& cette diverſion leur fit rencontrer un grand RencontreGalion du Roi de Portugal, bien monté d'hommes& d'artillerie, qui étoit S zenvoyé préciſément pour empécher les Vaiſſeaux des autres Nations d'éxer-cer le commerce ſur les Cêtes Occidentales d'Afrique. Il y a même aſſez d'ap-parence que la Cour de Lisbonne avoit êté ſecrettement informée que les deux-Baàtimens Anglois méditoient quelque projet nuiſible au Portugal,[& qu'ils envouloient au Chateau de Mina,] quoique rien ne fùt plus éloigné de Pinten-tion des deux Capitaines;& le Galion, qui n'étoit parti vrai- ſemblablement, quepour les obſerver, auroit peut-tre profité de l'occaſion d'arrêter leur courſeà Madère, s'ils n'euſſent paru aſſez forts& aſſez réſolus pour ſe faire redouter.IusouEsSTA, Windham s'étoit conduit avec Pinteado d'une maniére quin'avoit pü diminuer l'opinion qu'il Iui avoit fait prendre de ſon caractère. Maisauſſi-tõt qu'ils eurent paſſẽ Madère, il changea de conduite& de langage.Non-ſeulement il prit le commandement ſur lui ſeul, mais s'expliquant dans Windham enfdes termes durs& groſſiers,[& ne craignant point d'abuſer de l'aſcendant vqu'il avoit ſur un Equipage compoſé d'Anglois,] pour êôter tous ſes droits àce vertueux Etranger, il le réduiſit preſque à P'état d'un ſimple Matelot. Rienn'étoit plus capable de mortifier un Portugais, dont on connott la ſenſibilitépour l'honneur.. LEs deux Vaiſſeaux relächérent à Saint-Nicolas, une[des Iles du Cap-verd] pour y prendre des proviſions de chair, qui ne purent êétre que de ché-vres ſauvages, car cette Ile en eſt remplie,& n'a preſque point d'autresanimaux. Ils pourſuivirent leur courſe dans la ſaiſon des plus grandes chaleurs;&, pour attendre le tems qu'elles diminuent en Guinée, ils s'arrétèrent danspluſieurs Iles déſertes. Mais l'ignorance de Windham, qui ne prenoit plus Préſomptionconſeil que de ſon orgueil& de ſon caprice, les y fit demeurer trop long- de Windham.tems. Enfin ils tombêèrent à l'embouchure de la grande Rivière de ⁶ to, furla Cêôte de Guinée, ouù ils auroient pü faire leur cargaiſon du fruit de cetteContrée, qui eſt une eſpèce de poivre fort chaud,& dont la figure reſſem-ble à celle de la figue(d). Cette ſorte d'épice eſt fort eſtimée dans les Pays

froids,(c) Angl. du Vin. R. d. E. plus d'un pied& demi ou deux pieds au- deſſus(4) Larbriſſeau qui le porte ne s'éleve pas. de

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