28 VvOYAGES DES ANGLOIS AUX
3BmD& Nsw. May, ils virent les terres des environs du Cap de Monte: ils ne ſe croyoientAür pas ſi avancés; les Courans les avoient trompé; comme cela étoit arrivé1588. auparavant à Towtſon. Le 25 de juillet à 30 degrés de latitude, ildécouvrirent PIfle du Pic. Le 27, ils parléèrent au Paquet-bot de Londres quĩleur donna de bonnes nouvelles de'Angleterre. Le 29, ils appergurentl'IHle de Corvo,& le lendemain celle de Elores. Le 30 d'AoHt ils furent à lahauteur du Cap Finiſterre. Le 8 de Septembre ils arrivéêrent à Plymouth&à cauſe des Malades qu’'ils avoient à bord, ils ne purent ſe rendre à Londresque le 2 d'Octobre.]LES Anglois n'avoient pour guide qu'une copie imparfaite du Journal de&Windham; I, ſi Pon en juge par celui que j'ai donné ſous ſon nom, l'ori-ginal même ne leur auroit point apporté beaucoup plus de lumieére. Tellei toujours été la négligence ou la groſſiéreté des Négocians Anglois, que ne2 8 ie sattachant preſque jamais qu'à la deſeription des vents& des braſſes de pro-ö“ fondeur, ils s'embarraſſent peu de faire entrer dans leurs Journaux, ce qui ap-Voyages. partient au lieu même de leur commerce; comme ſi les ſoins de leur eſpritne regardoient que la navigation,& qu'après s'êétre rendus au terme, ilsn'euſſent plus qu'à s'occuper ſordidement de l'intérét. Ici la Relation duvoyage de Benin ne contient plus que le détail des marchandiſes dont le Vaiſ-ſeau Anglois fut charge. Mais Hackluyt nous a conſervé une Lettre Origi-nale d'-Antoine Ingram(d), principal Facteur du Vaiſſeau, qui renferme quel-ques circonſtances curieuſes de leur ſéjour à Benin.]eep*) LàA Riviére, quoiqu'aſſez large, n'avoit point aſſez d'eau pour le Ri-Senin. chard d'-Arundell, qui étoit un Bätiment de trois cens tonneaux. Il demeuraà Tembouchure, tandis que la Pinaſſe& la Chaloupe, chargés des principa-les marchandiſes, entrèrent dans le Canal. Elles remontèrent juſqu'à Goto,Ville ſituée fur le rivage;& la derniere où l'on peut arriver par eau.[ebvoyage prit cinq jours, ſans que l'Auteur nous apprenne ſi les deux Bäüti-mens furent arrétés par quelque obſtacle, ou ſi l'éſloignement eſt en effet decinq journées.] Benin étant plus loin dans les terres, Ingram fit partir quel-ques Négres pour annoncer au Roi ſon arrivée,& les motifs de ſon voyage.Ils revinrent le jour ſuivant, avec un Seigneur Négre que ce Prince envoyoitpour le conduire à ſa Cour,& deux cens Négres pour tranſporter les mar-chandiſes.ELILEs furent livrées aux Facteurs du Roi,[avec autant de confianceque les Marchands de' Europe en auroient mutuellement dans leur commer-La Ville de ce.] Ingram ſe rendit le 25 à Benin,[dont il admira la grandeur.] Il yc-I.. fut regu avec beaucoup de civilité. Le 26, s'étant préſenté à la Cour, pourobtenir l'Audience du Roi, il fut renvoyé au jour ſuivant, parce qu'on étoitoccupé d'une Fete ſolemnelle. Cependant il parla au Veidore, c'eſt-a-dire,au principal Officier qui eſt chargé des affaires du commerce,& qui lui pro-
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Audience du
Roi,& condi- 4 8 Ahf⸗ 5.. 3
rions du com- mit autant de poivre& de dents d'éléphans qu'il en pouvoit deſirer.
merce. LEs Anglois furent admis deux jours apréès à'Audience du Roi. CePrince
(d) Cette Lettre eſt dattée du jour de l'arri- vais état de ſa ſanté. Il leur promet un plusvée du Vaiſſeau à Plymouth. Ingram prie les ample détail à ſon arrivée à Londres.Marchands à qui il l'adreſſe, d'excuſer la bricve-(e) Dans'Original la ſeconde Section com-té avec Jaquelle il leur écrit, à cauſe du mau- mence ici. R. d. E.